11-Septembre, 25 ans après : le mot que l'ONU n'a jamais osé définir
Le 28 septembre 2001, le Conseil de sécurité votait à l'unanimité une « guerre mondiale contre le terrorisme ». Un quart de siècle plus tard, le 7-Octobre en est le bilan. La faille n'est pas dans les moyens : elle est dans un mot que le texte a laissé en blanc, et que l'Iran, le Qatar et l'Autorité palestinienne ont rempli à leur guise.
Le 11 septembre 2001, dix-neuf terroristes d'Al-Qaïda détournaient quatre avions de ligne et tuaient 2 977 personnes. Dix-sept jours plus tard, le 28 septembre, le Conseil de sécurité de l'ONU adoptait à l'unanimité la résolution 1373. Placée sous le chapitre VII de la Charte, donc juridiquement contraignante, elle imposait à chaque État de criminaliser le terrorisme, d'en bloquer le financement, de refuser tout sanctuaire aux terroristes, de les poursuivre et de partager le renseignement. Un Comité contre le terrorisme (CTC) était créé pour vérifier la conformité de chacun.
Sur le papier, c'était l'arsenal le plus ambitieux jamais voté. Vingt-cinq ans plus tard, une étude de West Point citée par JNS constate que le terrorisme s'est étendu en portée géographique, en volume d'attaques et en vitesse de radicalisation. Surtout, pendant que le monde traquait Al-Qaïda, l'Iran bâtissait tranquillement son « Axe de la résistance » : Hezbollah, Hamas, Jihad islamique, Houthis, milices irakiennes. Le 7 octobre 2023, cet axe a déclenché la guerre que nous vivons encore.
Pourquoi cet échec ? L'analyse de JNS identifie trois failles, et chacune concerne Israël au premier chef.
La première est le refus pur et simple. L'Iran, la Corée du Nord et la Birmanie figurent tous trois sur la liste noire du GAFI, le gendarme mondial de la criminalité financière. Téhéran n'a pas contourné la résolution : il en a fait l'exact contraire en devenant le premier État sponsor du terrorisme au monde.
La deuxième est la conformité de façade. Le GAFI a constaté que le Qatar n'appliquait pas les règles de base contre le financement du terrorisme, ce même Qatar qui, loin de refuser tout sanctuaire, a hébergé les chefs du Hamas dans des hôtels de luxe pendant plus d'une décennie. Une banque turque a été prise à faciliter des dizaines de millions de dollars de transactions pour l'Iran. Et l'Autorité palestinienne a obtenu du GAFI une évaluation « minimalement respectable » alors que son Fonds des martyrs récompense financièrement les auteurs d'attentats : il lui a suffi de classer ces versements en « traitements de la fonction publique » pour les soustraire à ses propres lois antiterroristes.
La troisième faille est la plus grave, parce qu'elle est structurelle : la résolution 1373 n'a jamais défini le terrorisme. L'Organisation de la coopération islamique, la Ligue arabe et l'Organisation de l'unité africaine considèrent que tuer au nom d'une « lutte armée » pour l'« autodétermination » n'est pas du terrorisme. Leurs dispositifs de conformité comportent donc une porte dérobée, et c'est par elle que le Hamas est passé.
Voilà ce que le lecteur juif doit retenir de cet anniversaire. Le mot « résistance » que l'on scande dans les rues européennes n'est pas un slogan spontané : c'est la traduction militante d'une exception juridique négociée il y a un quart de siècle. L'axe iranien s'est baptisé lui-même « de la résistance » précisément parce que ce mot ouvre la brèche que le droit a laissée béante. Le massacre du 7-Octobre n'est pas un accident de l'architecture antiterroriste mondiale : il en est le produit.
Or le remède existe déjà. La résolution 1566, adoptée en 2004, affirme que le terrorisme n'est « en aucune circonstance justifiable par des considérations de nature politique ». Les États occidentaux s'y tiennent, en principe. La question, pour Israël, n'est donc pas d'obtenir une condamnation de plus : c'est d'exiger que chaque capitale, y compris européenne, applique 1566 au Hamas sans clause d'exception.
Et si l'on prenait cette exigence au sérieux, elle offrirait un test concret à tous ceux qui réclament une Autorité palestinienne « réformée » : tant que ses salaires aux terroristes seront classés en « fonction publique », l'AP restera, au sens strict de 1373, un État qui finance le terrorisme. JNS compare la lutte antiterroriste à l'étanchéité d'une coque : une seule jointure mal calfatée, et toute la cabine se remplit. Israël est cette jointure. C'est lui qui prend l'eau en premier, et c'est aussi pour cela que sa guerre est celle de tous.