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Israël

« 17 d'entre eux étaient là le 7 octobre » : les 170 « journalistes » de Gaza, et le gilet PRESS devenu uniforme de guerre

Tsahal a publié jeudi une liste de 170 hommes tués à Gaza, présentés dans les médias comme journalistes : 118 du Hamas, 49 du Jihad islamique, 17 présents en Israël le 7 octobre. Au-delà du démenti, ce sont les vrais reporters, palestiniens compris, qui ont le plus à gagner à ce que cette liste existe.

Le chiffre, chacun de nous l'a entendu à table, au bureau, sur un plateau : « tant de journalistes tués à Gaza ». Jeudi, Tsahal a répondu autrement que par une plainte. L'armée israélienne a publié une liste de 170 Palestiniens tués pendant la guerre, présentés dans les médias internationaux comme journalistes ou professionnels de l'information, et qui étaient selon elle membres d'organisations terroristes. Le détail est précis : 118 appartenaient à la branche armée du Hamas, 49 au Jihad islamique palestinien, deux aux Comités de résistance populaire, un à l'organisation « Seigneurs du désert ». Et 17 d'entre eux, affirme Tsahal, ont participé à l'attaque du 7 octobre en territoire israélien.

Pour étayer ces noms, l'armée a rendu publics des documents, des photographies et des éléments visuels qui auraient été produits par les organisations elles-mêmes, ainsi que des preuves saisies sur le terrain. Elle rappelle surtout un fait gênant pour le récit dominant : pendant la guerre, le Hamas et le Jihad islamique ont eux-mêmes annoncé, après la mort de certains de ces hommes, leur appartenance à leurs structures militaires. Les faire-part de « martyrs » ont précédé les démentis.

La portée de la publication se mesure à un autre chiffre : dans plus de 40 cas figurant sur la liste, l'élimination de ces hommes avait valu à Israël une condamnation de l'ONU. Certains, toujours selon Tsahal, travaillaient parallèlement pour des médias internationaux, parmi lesquels Reuters, CNN, ABC Australia, la BBC, l'AFP, AP et Le Monde. Pour les Juifs de France, ce dernier nom n'est pas anodin : c'est le journal de référence du pays, celui que l'on cite pour clore une discussion.

Ce que révèle cette liste, c'est qu'un gilet marqué PRESS est devenu, dans cette guerre, un élément d'uniforme. Le droit de la guerre protège les journalistes pour une raison simple : ce sont des civils. Un combattant qui enfile le gilet ne se protège pas seulement lui-même, il fabrique le chiffre qui accusera Israël le lendemain. Chaque nom sur la liste a été, un jour, un titre, une condamnation, une statistique brandie contre nos soldats et contre nous.

C'est pourquoi l'angle le plus important n'est pas celui qu'on croit. Les premiers volés par ce procédé ne sont pas les Israéliens : ce sont les vrais journalistes. Celui qui filme Gaza pour informer, palestinien ou étranger, a vu sa protection diluée par ceux qui portaient le même gilet avec une autre mission. Les rédactions qui ont employé des hommes figurant sur cette liste doivent désormais une réponse, non pas à Israël, mais à leurs propres lecteurs et à leur propre métier. Tsahal le dit sobrement : ces cas ont « brouillé la distinction » entre ceux qui exerçaient leur profession et ceux qui occupaient des fonctions dans des organisations terroristes. Défendre cette distinction, c'est défendre le journalisme.

Les premiers volés par ce procédé ne sont pas les Israéliens : ce sont les vrais journalistes.

Dans la même publication, l'armée a répondu au film « NAZA », qui évoque une frappe où des centaines de civils auraient pu périr : « Nous n'avons jamais planifié, approuvé ou mené une frappe dans laquelle il était prévu que 500 civils soient tués. » Elle qualifie le film de « déformé, trompeur et irréaliste ».

Retenons ce qui nous rend plus forts. Une armée qui publie des noms, des documents et des photographies, et qui s'expose ainsi à la vérification, fait ce qu'aucune organisation terroriste ne fera jamais. C'est le privilège d'une démocratie en guerre, et c'est notre avantage. La prochaine fois que le chiffre tombe à table, nous n'avons plus à hausser les épaules : nous avons une liste, des sources et une question à poser en retour.

#Gaza#Tsahal#Hamas#Journalistes#Israël#Désinformation#Midbar

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