Invitée de « La Grande Librairie » mercredi soir, l'ex-actrice a détourné une séquence sur la parole des victimes de viol pour accuser Israël de « génocide » et la France de « complicité ». Le vrai scandale n'est pas la militante : c'est le dispositif télévisuel qui la laisse faire, sans contradiction, à une heure de grande écoute.
Mercredi soir, sur le plateau de « La Grande Librairie » sur France 5, Adèle Haenel disposait d'une carte blanche. L'ancienne actrice, devenue militante à plein temps, a d'abord mis en scène, à la deuxième personne, le courage d'une victime de viol qui ose parler : « Alors, le mot tombe. Il m'a violée. » Puis, dans une transition qu'elle a elle-même construite comme un parallèle, elle a enchaîné : « Moi aussi, j'ai pris une décision. Je vais parler. » Et de conclure : « L'État d'Israël commet un génocide en Palestine et la France est complice. N'acceptez pas l'inacceptable. Alors sanctionnez Israël et libérez la Palestine. »
Arrêtons-nous sur ce que cette séquence fait réellement. Elle place sur le même plan la parole d'une victime de viol — un acte de courage intime, incontestable — et une accusation géopolitique parmi les plus graves du droit international, assénée sans un fait, sans un chiffre, sans un contradicteur. Le mot « génocide » y fonctionne non comme une qualification juridique, mais comme un mot de passe militant, lancé dans ce qu'elle appelle « le silence télévisuel qui englue le pays » — comme si ce mot n'était pas déjà omniprésent dans le débat public français, des tribunes aux manifestations.
— comme si ce mot n'était pas déjà omniprésent dans le débat public français, des tribunes aux manifestations.
