Selon Haaretz, Mohammed ben Zayed aurait personnellement averti Netanyahou fin septembre 2023 qu'une « opération majeure » du Hamas se préparait. Vrai ou faux, ce récit change la nature du débat israélien : la question n'est plus seulement « qui a failli », mais « qui savait » — et elle explose à trois semaines d'un scrutin décisif.
C'est une enquête publiée mardi par le quotidien Haaretz, tirée d'un livre à paraître, qui secoue la campagne israélienne. Selon ses auteurs, le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, aurait contacté Benyamin Netanyahou au cours de la dernière semaine de septembre 2023 pour l'avertir que le Hamas préparait une « opération majeure ». Toujours selon Haaretz, le Premier ministre n'aurait pas transmis cette mise en garde aux chefs des services de sécurité. Le circuit décrit est précis : Yahya Sinouar aurait évoqué devant un intermédiaire du Fatah « une opération terrifiante » digne d'un « tremblement de terre » ; l'information serait remontée jusqu'à ben Zayed via un conseiller, puis transmise à Netanyahou dans le contexte de la normalisation entre les deux pays.
Le cabinet du Premier ministre dénonce un « mensonge total » et nie jusqu'à l'existence de tout échange avec le responsable émirati fin septembre 2023. Il faut le dire clairement : à ce stade, rien n'est prouvé, la source est un livre à paraître relayé par un journal d'opposition, et le démenti est frontal. Mais l'onde de choc, elle, est bien réelle. Gadi Eizenkot, ancien chef d'état-major et principal rival de Netanyahou, tranche : « Netanyahou a reçu des dizaines d'avertissements pour le 7 octobre et il les a tous ignorés. Il n'est pas apte » à diriger. Naftali Bennett renchérit : il « porte une responsabilité personnelle et directe » et « ne peut pas continuer à exercer sa fonction une minute de plus ».

