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Israël

Ali al Taher : un séisme de 4,1 en Galilée, des roses à Nabatié

Jeudi soir, Tsahal a fait sauter 1 100 tonnes d'explosifs sous le PC souterrain du Hezbollah qui dominait Nabatié. L'USGS a mesuré la secousse. Mais la vraie onde de choc est ailleurs : une ville chiite du Sud-Liban a accueilli l'armée libanaise avec des fleurs.

Jeudi 10 septembre, 21h08. À Metula, la terre tremble. L'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS) enregistre une secousse de magnitude 4,1, ressentie dans tout le Sud-Liban et le nord de la Galilée. Ce n'est pas un tir ennemi. C'est Tsahal qui fait exploser, avec plus de 1 100 tonnes d'explosifs, le réseau de tunnels et le centre de commandement du Hezbollah enfoui sous la colline d'Ali al Taher, qui domine Nabatié.

Pour mesurer l'échelle : la charge qui avait éventré la forteresse de Beaufort dans la nuit du 30 au 31 juillet, record jusque-là, pesait 700 tonnes. Celle de jeudi équivaut, calcule Tribune Juive, à plus d'un quinzième de la bombe d'Hiroshima.

Ce que les soldats ont trouvé dans les deux galeries, longues de plus de deux kilomètres, dit tout du projet du Hezbollah : roquettes, missiles antichars et drones de fabrication iranienne, centaines de mines, mais aussi des « centres de commandement, des magasins d'armes, des salles de générateurs, des quartiers d'habitation, des douches et une cuisine ». Une base conçue pour tenir des semaines, creusée sous une ville chiite. Un État sous l'État, au sens littéral.

Le prix : cinq soldats israéliens tués, trente blessés, certains grièvement. En face, plus de cinquante morts. Ce rapport ne console personne ; il rappelle seulement qui a bâti sa forteresse sous les maisons des autres.

Première leçon, côté Téhéran. L'Iran a officiellement averti Washington qu'il riposterait à toute offensive israélienne contre l'installation au pied de la colline. Sauf que, selon Reuters, l'avertissement est arrivé après que Tsahal avait déjà pris et sécurisé le site. Une dissuasion qui menace de défendre ce qui est déjà tombé n'est plus une stratégie, c'est un communiqué. Étranglé par les mesures américaines dans le détroit d'Ormuz, le régime multiplie au contraire les gestes pour ne pas provoquer Israël, même par erreur. Sa tentation du coup désespéré existe ; sa capacité à protéger ses relais, elle, vient d'être mesurée sur l'échelle de Richter.

Deuxième leçon, la plus importante, et elle ne se lit pas dans les tonnages. L'armée libanaise s'est déployée dans Nabatié et ses environs, à la place des miliciens en fuite. Des habitants l'ont accueillie avec des roses. Des édiles du Sud, y compris chiites, ont réclamé sa présence, comprenant qu'ils ne vivraient jamais tranquilles si la milice revenait. Les commentaires de lecteurs de L'Orient-Le Jour réclament la disparition du Hezbollah.

Pourquoi est-ce décisif ? Le Hezbollah n'a jamais tenu le Sud par la seule force. Il le tenait par une promesse : être le bouclier des chiites. Quand une ville chiite offre des fleurs à l'armée nationale qui remplace le « bouclier », ce n'est pas un bunker qui s'effondre, c'est la promesse. Israël ne gagnera jamais la bataille de l'opinion libanaise à la place des Libanais. Mais il peut rendre le mensonge visible. C'est exactement ce que 1 100 tonnes ont fait.

Reste le point que l'euphorie fait oublier. Trois localités-test doivent passer du contrôle israélien au contrôle libanais. Or aucune information fiable n'indique que les soldats de Beyrouth ont récupéré les armes de l'organisation. Des roses ont une date de péremption. Si l'armée libanaise se contente de remplacer des miliciens en fuite sans ramasser leurs arsenaux, elle deviendra un paravent, et le Hezbollah reviendra par les caves.

Israël tient ici une carte que la puissance de feu ne remplace pas : la patience. Ne rendre chaque village qu'au rythme des dépôts d'armes saisis, jamais contre une promesse. Le séisme a été mesuré à 4,1. La réplique, elle, se jouera dans les hangars de l'armée libanaise.

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