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Israël

« Ambassade à Jérusalem » : la Colombie écrit l'adresse que tant de chancelleries refusent d'écrire

La Colombie ouvrira son ambassade à Jérusalem, rapporte Tribune Juive. On en sait encore peu sur le calendrier. Mais une adresse, en diplomatie, n'est jamais un détail : elle dit qui est chez lui dans une ville. Et cette fois, c'est un pays hispanophone qui le dit.

L'information tient en une ligne, et c'est Tribune Juive qui la relaie : la Colombie ouvrira son ambassade à Jérusalem. Le calendrier, les modalités, le discours qui accompagnera l'inauguration : tout cela reste à préciser, et nous nous garderons d'en dire plus que ce que nous savons. Mais le fait lui-même suffit à mériter qu'on s'y arrête, parce qu'il touche à la seule chose que la diplomatie ne sait pas maquiller : une adresse.

Une ambassade, ce n'est pas une déclaration de presse qu'on oublie le lendemain. C'est un bâtiment, une plaque, un drapeau, des diplomates qui prennent chaque matin la même rue. Installer sa représentation à Jérusalem, c'est dire, dans la langue la plus concrète qui soit, que la capitale d'Israël est à Jérusalem et nulle part ailleurs. Rares sont les pays qui acceptent de l'écrire noir sur blanc. La plupart préfèrent la fiction d'une capitale qu'on ne nomme pas, comme si l'État juif était le seul au monde dont on pût contester l'endroit où il siège.

C'est là que l'annonce colombienne pèse plus que sa taille. Quelle que soit l'histoire récente des relations entre Bogota et Jérusalem, le choix d'une adresse engage l'avenir, pas le passé. Un pays qui vient s'installer à Jérusalem ne fait pas un cadeau à Israël : il choisit la réalité contre une fiction diplomatique, et il le fait au moment où cette fiction est devenue, dans beaucoup de capitales, une arme.

Et c'est l'angle qu'on lira peu ailleurs : cette nouvelle ne parle pas seulement à Israël, elle parle au monde hispanophone. À l'heure où Madrid, sous Pedro Sánchez, a fait de l'hostilité à Israël une ligne politique, voici une capitale de langue espagnole qui prend la direction inverse, et pas avec des mots, avec des murs. Le récit d'un « Sud global » uniformément dressé contre l'État juif se fissure là où on l'attendait le moins. L'Amérique latine n'est pas un bloc, et ceux qui parlent en son nom contre Israël parlent pour moins de monde qu'ils ne le prétendent.

Et c'est l'angle qu'on lira peu ailleurs : cette nouvelle ne parle pas seulement à Israël, elle parle au monde hispanophone.

Pour le peuple juif, enfin, Jérusalem n'est pas un dossier diplomatique. C'est la direction vers laquelle se tourne le haredi de Bnei Brak comme le réserviste laïc de Tel-Aviv, le Juif de Sarcelles comme le rabbin libéral de New York. « L'an prochain à Jérusalem » est la phrase que tous prononcent, quelle que soit leur synagogue ou leur bulletin de vote. Quand un État reconnaît cette adresse, il ne tranche pas un litige de frontières : il reconnaît qu'un peuple a un centre, et que ce centre n'est pas négociable.

On attendra les détails, et on les lira avec la prudence qui s'impose. Mais on peut déjà retenir ceci : pendant que la rue antisioniste redessine les cartes sans les noms hébreux, un pays, en Amérique latine, vient d'y inscrire le sien, à la bonne adresse. Et chaque plaque de plus sur une porte de Jérusalem rend la fiction un peu plus difficile à tenir pour tous les autres.

#Colombie#Jérusalem#Israël#Diplomatie#Midbar

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