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« Aucune confiance » : Chikli défend Bardella, et l'accusation d'antisémitisme devient l'arme fatale de la politique française

Mediapart attribue à Jordan Bardella des messages antisémites écrits à 17 ans ; il crie au faux et porte plainte. Depuis Jérusalem, le ministre Amichai Chikli retourne l'accusation contre le média. Au-delà du duel, une nouveauté que personne ne relève : en France, l'antisémitisme est devenu l'accusation qui tue une carrière. Une victoire pour les Juifs, à condition qu'elle ne tire pas à sens unique.

·Source : i24NEWS

Les faits d'abord, sans en ajouter. Mediapart a publié des messages antisémites qu'il attribue à Jordan Bardella lorsqu'il avait 17 et 18 ans. Le site affirme les avoir authentifiés « au terme de plusieurs mois d'enquête », en s'appuyant sur des dizaines d'échanges écrits et des témoignages. Le président du Rassemblement national conteste formellement en être l'auteur, parle de « faux grossiers », a déposé plainte en diffamation et y voit une opération destinée à déstabiliser la campagne présidentielle de Marine Le Pen. Un juge tranchera. C'est exactement à cela que sert un juge.

Mardi, un acteur inattendu est entré dans la mêlée. Amichai Chikli, ministre israélien des Affaires de la diaspora et de la Lutte contre l'antisémitisme, a publié sur X un long message de soutien à Bardella. Sa méthode : examiner l'accusateur avant l'accusé. Il rappelle les écrits de jeunesse d'Edwy Plenel, cofondateur de Mediapart, en soutien à Septembre noir, l'organisation qui prit en otage la délégation israélienne aux Jeux de Munich en 1972 et fit onze morts. Il vise ensuite Carine Fouteau, l'actuelle présidente du site, pour ses positions sur Israël et sa façon de qualifier le 7 octobre 2023. Et il conclut : « Nous n'avons aucune confiance dans ceux qui passent leur vie d'adulte à combattre le droit du petit État juif à exister. »

Face à cela, Chikli aligne des actes. La visite de Bardella sur le site du festival Nova et dans les localités frappées le 7 octobre. Son discours de Jérusalem contre l'antisémitisme. Son refus de parler à Washington après le geste de Steve Bannon, qu'il avait jugé assimilable à un salut nazi.

C'est ici que Midbar applique sa règle, la même pour tout le monde : paroles contre actes. Ce qui est établi, ce sont les actes d'un homme public, sur plusieurs années, devant des caméras et devant des familles de victimes. Ce qui est contesté, ce sont des mots privés d'adolescent dont l'authenticité est désormais l'affaire d'un tribunal. Soyons honnêtes jusqu'au bout : s'ils sont vrais, ils sont laids, et il faudra le dire. Et soyons cohérents : si la jeunesse ne compte pas pour l'un, elle ne compte pas non plus pour l'autre. La différence, c'est que les écrits reprochés à Plenel furent publics et signés, quand ceux attribués à Bardella sont niés et déférés au juge.

C'est ici que Midbar applique sa règle, la même pour tout le monde : paroles contre actes.

Mais le vrai enseignement de cette semaine est ailleurs, et il est bon pour nous. Comparez deux époques. En 1972, onze athlètes israéliens sont assassinés à Munich ; un jeune homme peut écrire en faveur de leurs bourreaux et bâtir ensuite une carrière au sommet du journalisme français, sans que cela l'arrête. En 2026, des messages attribués à un lycéen suffisent à menacer une campagne présidentielle. Entre les deux, quelque chose a changé de nature : l'antisémitisme est devenu, en France, l'accusation qui disqualifie. Cette victoire, personne ne nous l'a offerte. Elle a été gagnée par des décennies de mémoire, de procès, de vigilance, par les Juifs de France et par tous ceux qui ont marché avec eux.

Une arme aussi puissante impose une seule condition : qu'elle ne soit pas à sens unique. Une règle qui frappe un camp et épargne l'autre n'est plus une règle, c'est un guet-apens. Ceux qui exigent des comptes pour des mots de 2010 doivent accepter d'en rendre pour leur lecture du 7 octobre 2023. Les Juifs de France ne doivent rien ni à Mediapart ni à Bardella. Ils doivent quelque chose à eux-mêmes : tenir le même mètre pour tous, juger sur les actes, et laisser le juge dire le reste. C'est ainsi que l'on garde une victoire.

#Bardella#Chikli#Mediapart#antisémitisme#JuifsDeFrance#Midbar

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