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Colonies : quand Londres, Paris, Rome et Berlin parlent à leurs opinions plutôt qu'à Israël

Quatre capitales européennes exigent la fin de « l'expansion des colonies » en Cisjordanie. Derrière le vocabulaire convenu, une diplomatie d'affichage qui en dit plus long sur l'Europe que sur Israël — et qui acte, en creux, sa propre sortie du jeu.

Londres, Paris, Rome et Berlin ont publié un appel commun demandant à Israël de « mettre fin à l'expansion des colonies en Cisjordanie ». Une déclaration à quatre voix, calibrée, solennelle, reprise en boucle par la presse généraliste comme une « pression croissante » sur Jérusalem.

Regardons les faits froidement. Ce type de communiqué n'est pas nouveau : depuis des décennies, les chancelleries européennes condamnent rituellement la construction en Judée-Samarie, sans que cela n'ait jamais modifié ni la réalité du terrain, ni la position israélienne, ni — c'est le plus révélateur — le comportement des acteurs qui menacent réellement la stabilité de la région. Aucune de ces quatre capitales n'a accompagné son texte d'un levier concret. C'est une déclaration, pas une politique.

Ce que cela révèle, c'est d'abord un déséquilibre moral devenu réflexe. Pendant que l'Iran finance ses proxys, que le Hamas exécute des Palestiniens dans les rues de Gaza — Amnesty International elle-même le documente cette semaine — l'énergie diplomatique européenne se concentre sur des permis de construire israéliens. Pour un pays qui sort du 7-Octobre, dont des otages viennent à peine de rentrer, ce choix de priorités n'est pas neutre : il dit à Israël que l'Europe juge plus confortable de faire pression sur la seule démocratie de la région que sur ceux qui la menacent.

Mon analyse : cette déclaration ne s'adresse pas vraiment à Israël. Elle s'adresse aux opinions publiques européennes, travaillées par des mois de manifestations et de surenchère militante. Londres, Paris, Rome et Berlin achètent de la paix sociale intérieure avec du vocabulaire diplomatique. Israël n'est ici qu'un décor.

Et c'est là l'angle que personne ne souligne : en multipliant les condamnations sans effet, l'Europe organise sa propre marginalisation. Chaque communiqué non suivi d'actes érode un peu plus sa crédibilité de médiateur — au profit de Washington, qui sanctionne l'Iran, et des acteurs régionaux du monde arabe, qui négocient, eux, des architectures de sécurité réelles. Le jour où un règlement se dessinera pour la Judée-Samarie, il se fera entre Jérusalem, Washington et les capitales arabes pragmatiques. Pas à Bruxelles, ni à Paris.

L'ironie est cruelle : à force de vouloir exister par la posture, l'Europe s'assure de ne plus exister du tout dans l'équation. Israël, lui, l'a compris depuis longtemps — et construit son avenir avec ceux qui comptent.

#Israel#Cisjordanie#Europe#Diplomatie#Midbar#Geopolitique