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Israël

Consulat britannique fermé, Corbyn interdit d'entrée : Israël choisit de rendre coup pour coup

Face aux sanctions de douze pays contre les « colonies », Jérusalem a fait un choix stratégique inédit : ne plus encaisser en silence. La fermeture du consulat du Royaume-Uni et l'interdiction d'entrée signifiée à Jeremy Corbyn marquent la fin de la retenue diplomatique israélienne — et c'est peut-être le vrai événement.

Douze pays, dont la France, le Royaume-Uni et le Canada, ont annoncé vouloir mettre fin au commerce avec les implantations israéliennes en Cisjordanie. Londres est allé plus loin encore dans la rhétorique, accusant Israël de « fermer les yeux » sur un « nettoyage ethnique ». La réponse de Jérusalem ne s'est pas fait attendre — et elle est d'une nature que les chancelleries occidentales n'avaient pas anticipée : fermeture du consulat du Royaume-Uni à Jérusalem-Est et interdiction d'entrée sur le territoire israélien pour Jeremy Corbyn et dix autres députés britanniques.

Les faits sont là. D'un côté, des mesures commerciales visant les implantations, que la presse française elle-même qualifie de « claque avant tout symbolique ». De l'autre, une riposte israélienne ciblée, immédiate, et assumée. Le déséquilibre est frappant : les sanctions occidentales sont conçues pour l'affichage, la réponse israélienne est conçue pour faire mal là où ça compte — le statut diplomatique et l'accès au terrain.

Car la fermeture du consulat britannique à Jérusalem-Est n'est pas un geste anodin. Ce consulat est, de fait, la représentation officieuse de Londres auprès des Palestiniens, un héritage du mandat britannique que le Royaume-Uni entretient précisément parce qu'il ne reconnaît pas la souveraineté israélienne sur la ville. En le fermant, Israël ne « boude » pas : il conteste le dispositif même par lequel Londres joue sur les deux tableaux depuis des décennies. Quant à Jeremy Corbyn — l'homme qui a qualifié en son temps le Hamas et le Hezbollah d'« amis » —, son interdiction d'entrée a une valeur de clarification : ceux qui militent contre l'État juif n'ont pas vocation à y être accueillis en visiteurs.

Il faut dire un mot du contexte britannique. Ces sanctions arrivent au moment précis où le pouvoir travailliste a besoin de donner des gages à son aile gauche. Le Board of Deputies, principale organisation juive du pays, a exprimé son « profond regret » — signal que la communauté juive britannique elle-même ne s'y trompe pas. Et outre-Atlantique, un élu américain a déjà prévenu Londres : « Si vous boycottez Israël, nous vous boycotterons. » Le front anti-israélien n'est pas si uni qu'il le paraît.

L'angle que personne ne souligne : ces douze pays viennent, sans le vouloir, de tester une doctrine israélienne nouvelle — la réciprocité systématique. Pendant des années, Israël protestait puis passait à autre chose, et le coût des gestes hostiles était nul pour ceux qui les posaient. C'est ce calcul-là qui vient de changer. Si sanctionner Israël coûte désormais un consulat, un accès, une relation, chaque chancellerie devra désormais peser ses gestes symboliques à leur prix réel. L'ordre dispersé des Européens — souligné par la presse elle-même — montre que beaucoup ont déjà fait ce calcul. Le paradoxe est savoureux : en voulant isoler Israël, Londres pourrait bien avoir surtout démontré le coût de l'isolement… pour ceux qui le décrètent.

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