Des policiers palestiniens enlèvent un réserviste de Tsahal : l'incident que la « coordination sécuritaire » ne peut plus masquer
Trois policiers de l'Autorité palestinienne ont dressé un barrage illégal en zone C, tabassé et enlevé un réserviste israélien jusqu'à Ramallah. Pendant que douze capitales sanctionnent Israël pour des maisons, voilà ce que font réellement les hommes armés de l'AP en Judée-Samarie.
Dans la nuit de samedi à dimanche, près de Beitunia en Judée-Samarie, Shlomo Rosenthal, membre d'une équipe locale de sécurité, roulait vers Jérusalem lorsqu'il a aperçu des gyrophares à un carrefour. Il a cru à un barrage de la police israélienne. C'était un barrage illégal, dressé en zone C — où l'Autorité palestinienne n'a aucun droit d'intervenir — par des policiers palestiniens en uniforme.
Selon son témoignage à i24NEWS, les policiers ont bloqué son véhicule, ouvert sa portière et tenté de lui arracher son arme. Devant son refus, des renforts sont arrivés. Rosenthal affirme avoir été aspergé de gaz lacrymogène, frappé à coups de pied au visage, désarmé, menotté, puis conduit à Ramallah dans un véhicule de police. Il a fallu une coordination avec l'Administration civile pour qu'il soit remis aux forces israéliennes. Trois policiers de l'AP ont depuis été arrêtés et sont interrogés ; le système sécuritaire israélien parle d'un « grave dépassement de compétence » ayant mis en danger la vie d'un ressortissant israélien.
Arrêtons-nous sur ce que cet épisode signifie. Un Israélien armé, membre d'un dispositif de sécurité, a été enlevé par des hommes en uniforme d'une entité que la communauté internationale présente comme le futur État palestinien « réformé ». Pas par une cellule du Hamas : par la police officielle de Ramallah, celle-là même que les chancelleries occidentales financent et entraînent au nom de la fameuse « coordination sécuritaire ». Si un réserviste entraîné, armé, sur une route qu'il connaît, peut finir menotté à Ramallah, que se passe-t-il pour un civil isolé ?
La réponse israélienne mérite d'être notée : arrestation des trois policiers, maintien de la coordination « conformément aux directives du pouvoir politique », mais avertissement clair qu'« aucun écart aux procédures ne sera accepté ». Israël Gantz, président du Conseil de Yesha et du Conseil régional de Binyamin, a salué un « message clair » sur la responsabilité sécuritaire d'Israël en zone C — tout en réclamant la protection des Israéliens en zones B et un axe sécurisé entre Dolev-Talmonim et la route 443. Autrement dit : le problème n'est pas réglé, il est cartographié.
Et c'est là que l'affaire prend sa vraie dimension. Cette même semaine, douze capitales européennes sanctionnent Israël pour des constructions en Judée-Samarie, et le Foreign Office britannique parle de « colons terroristes ». Mais quand des policiers de l'Autorité palestinienne franchissent illégalement les limites de leur juridiction pour enlever un Israélien, aucun communiqué, aucune sanction, aucun régime de mesures « sévères ». L'asymétrie n'est pas un détail : elle est le message. Elle dit aux Palestiniens que leurs institutions officielles peuvent déborder sans coût diplomatique.
L'angle que personne ne souligne : cet incident est un test grandeur nature du projet, poussé par les Européens et une partie de Washington, de confier davantage de terrain à l'AP « revitalisée » — y compris, demain, à Gaza. Beitunia vient de montrer ce que donne l'AP quand elle sort de son périmètre : un barrage illégal, un lynchage et un enlèvement. Avant d'élargir son mandat, il faudrait peut-être vérifier qu'elle respecte celui qu'elle a déjà.