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France

Dissoudre LFI : la loi existe, il faut l'appliquer

Lycées incendiés, pompiers attaqués, 83 policiers et gendarmes blessés en une journée. Et des élus insoumis qui applaudissent. L'article L212-1 du code de la sécurité intérieure a été écrit pour cela.

Les faits d'abord. Mercredi 30 septembre, 356 lycées bloqués, 625 interpellations, 83 membres des forces de l'ordre blessés, 119 élèves et personnels blessés. Le lendemain, un camion de marins-pompiers incendié à Marseille, le lycée Nelson-Mandela en feu à Nantes, une façade brûlée à Roubaix. La colère de départ est légitime : des professeurs non remplacés, des moyens qui manquent. Midbar la partage. L'école publique est le bien de ceux qui n'ont rien d'autre.

Mais regardez qui souffle sur les braises. « Gloire à ces jeunes qui se soulèvent ! », lance le député Antoine Léaument. « Ils ont peur de vous », écrit Louis Boyard aux lycéens. Thomas Portes dénonce une « sauvagerie policière française ». Le maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko, juge la violence des manifestants possiblement « légitime », avant d'ajouter qu'il vaut mieux l'éviter. Jean-Luc Mélenchon appelle ses militants à « s'interposer » et promet : « Ni oubli, ni pardon », tout en assurant que les Insoumis présents prônent la non-violence.

Que dit la loi ? L'article L212-1 permet de dissoudre par décret en conseil des ministres tout groupement qui provoque « à des agissements violents à l'encontre des personnes ou des biens ». Et l'article L212-1-1 va plus loin : les actes des membres sont imputables à l'organisation quand ses dirigeants, informés, se sont abstenus de les faire cesser. Glorifier n'est pas faire cesser.

On nous dira qu'un parti n'est pas une association. C'est faux en droit : Civitas était un parti, il a été dissous en 2023 et le Conseil d'État a validé la décision en décembre 2024. On nous dira que c'est une lubie de campagne. Mais le 30 avril dernier, le même Conseil d'État a confirmé la dissolution de la Jeune Garde pour avoir mené et encouragé des affrontements violents. La Jeune Garde a été fondée par Raphaël Arnault, aujourd'hui député LFI. Le mouvement a fait entrer à l'Assemblée ce que la République venait d'interdire dans la rue.

Bruno Retailleau a posé la question le 1er octobre, en reconnaissant qu'elle est « difficile en droit ». François-Xavier Bellamy l'a reprise le lendemain. Elle est difficile, en effet : il faudra prouver le lien entre les mots et les actes, et l'article 4 de la Constitution protège la liberté des partis. Raison de plus pour instruire le dossier sérieusement, pièce par pièce, plutôt que de le brandir sur un plateau.

Bruno Retailleau a posé la question le 1er octobre, en reconnaissant qu'elle est « difficile en droit ».

Voici ce que personne ne souligne : la dissolution ne priverait aucun électeur de sa voix. Les députés resteraient députés, les idées resteraient libres, un autre parti peut naître demain. Ce qui disparaît, c'est la machine : celle qui, depuis le 7 octobre, a banalisé le Hamas, et qui aujourd'hui transforme une colère d'adolescents en répétition générale.

Les Juifs de France savent d'expérience ce qui arrive quand la violence politique devient acceptable : elle finit toujours par trouver leur adresse. Mais ils savent aussi que la République a des outils et qu'elle sait s'en servir. La loi est là, les précédents aussi. Il ne manque que le courage de l'appliquer, et de rendre aux lycéens ce qu'ils demandaient vraiment : des professeurs.

#LFI#Dissolution#France#Lycées#République

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