Ben-Gvir dévoile un plan à sept ans pour vider Gaza de 1,86 million d'habitants, Katz confirme qu'une agence dédiée est « prête ». Derrière l'indignation mondiale, une question que personne ne pose : que révèle un sondage où 52 % des Gazaouis disent vouloir partir ?
À sept semaines des élections israéliennes du 27 octobre, un sujet longtemps tabou s'est installé au centre du débat politique : l'émigration des Palestiniens de Gaza. Jeudi, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir a dévoilé un plan baptisé « Désengagement 710 » — référence au retrait de 2005 et à la date du massacre du 7 octobre. Objectif affiché : 250 000 départs « volontaires » la première année, 1,86 million en sept ans, soit la quasi-totalité des 2,1 millions d'habitants de l'enclave. Un ministère dédié serait créé, des incitations financières versées aux partants comme aux pays d'accueil.
Ben-Gvir n'est plus seul. Le ministre de la Défense Israel Katz, figure du Likoud, a affirmé cette semaine qu'« il n'y a pas de vraie solution pour Gaza sans émigration », rappelant qu'une agence créée en février 2025 est « pleinement prête ». Selon lui, l'initiative a été « gelée » par Donald Trump sous pression des pays arabes — gelée, pas annulée. Les condamnations ont fusé : le sénateur démocrate Chris Van Hollen parle de « nettoyage ethnique », J Street s'est dit « horrifié » de voir un État « né des cendres de la destruction juive » envisager un tel projet.

