La fédération juive d'Espagne recense une hausse de 14,5 % des actes antisémites en 2025. Mais le chiffre le plus révélateur n'est pas là : c'est l'écart béant entre les 221 incidents comptés par la communauté et les 69 reconnus par l'État. Quand un gouvernement fait de la dénonciation d'Israël sa politique étrangère, il perd la capacité — et la volonté — de voir la haine qu'elle nourrit chez lui.
La Fédération des communautés juives d'Espagne (FCJE) a publié mercredi, avec le Mouvement contre l'intolérance (MCI), le rapport de son Observatoire de l'antisémitisme : 221 incidents antisémites recensés en 2025, contre 193 en 2024, soit une hausse de 14,5 %. Pour une communauté estimée entre 40 000 et 70 000 personnes, la proportion donne le vertige. Croix gammées sur des mémoriaux de la Shoah, tombes juives profanées, touristes français harcelés et crachés à la sortie d'une synagogue de Barcelone en juillet : le rapport documente une haine devenue quotidienne.
« Nos enfants sont les seuls à aller à l'école avec une présence policière », résume David Obadía, président de la FCJE. « Depuis le 7 octobre 2023, les Juifs espagnols doivent se rendre dans leurs lieux de rassemblement avec des mesures de sécurité spéciales, et les insultes et discriminations font partie de notre réalité pratiquement chaque jour. »



