Le plus prestigieux rendez-vous culturel israélien se tiendra cette année sans le moindre artiste étranger. Ce n'est pas une anecdote de programmation : c'est la preuve que le BDS a changé de terrain, et qu'il vise désormais moins l'État hébreu que le simple fait d'être vu avec des Juifs israéliens.
Le Festival d'Israël, institution culturelle née en 1961, référence internationale de la danse, du théâtre et de la musique, se tiendra cette année sans aucun artiste étranger. Depuis le 7-Octobre, les annulations se sont enchaînées : compagnies, metteurs en scène, musiciens ont renoncé à venir. Le festival maintient sa programmation — mais entièrement israélienne.
Disons-le franchement : c'est une victoire du boycott, et il serait malhonnête de prétendre le contraire. Mais une victoire dont il faut mesurer la nature exacte. Le BDS a échoué sur l'essentiel : l'économie israélienne n'a pas plié, la tech continue d'attirer les capitaux, les accords de normalisation régionale n'ont pas été défaits par des pétitions. Alors le mouvement s'est replié sur le terrain où il coûte le moins cher de gagner : la culture. Annuler un concert n'exige aucun courage, aucun sacrifice, aucune cohérence. Il suffit d'un communiqué et de la peur du tribunal des réseaux sociaux.
Alors le mouvement s'est replié sur le terrain où il coûte le moins cher de gagner : la culture.


