Un an après avoir fondé Yashar!, l'ex-chef d'état-major de Tsahal devance Netanyahou et écrase Bennett-Lapid dans les sondages. Ce n'est pas un programme qui séduit Israël : c'est un profil — et il raconte ce que le pays veut devenir après la guerre.
Les chiffres sont têtus. Fondé en septembre 2025, le parti Yashar! (« droit », « honnête ») de Gadi Eisenkot recueille désormais 22 à 24 sièges dans les sondages, contre 21 à 23 pour le Likoud de Benjamin Netanyahou. Plus frappant encore : Beyachad, la fusion opérée en avril entre Naftali Bennett et Yair Lapid précisément pour barrer la route à Eisenkot, plafonne à 13-15 sièges. L'opération destinée à l'étouffer l'a laissé seul en tête.
Sur le papier, rien ne prédestinait cet homme de 66 ans à menacer le plus redoutable animal politique de l'histoire israélienne récente. Trois ans de Knesset, huit mois dans le cabinet de guerre, un programme volontairement flou — « rechercher la vérité, réparer la société israélienne après la guerre ». Pas de flamboyance, pas de storytelling : un t-shirt noir, un jean, un sourire de grand-père. Et pourtant, le Likoud concentre depuis des mois l'essentiel de ses attaques sur lui. Quand la machine de Netanyahou choisit sa cible, elle désigne son vrai danger.
Pas de flamboyance, pas de storytelling : un t-shirt noir, un jean, un sourire de grand-père.

