Le couturier a retiré son exposition prévue au Metropolitan Museum sous la pression de donateurs, d'élus et de leaders juifs. Au-delà de la victoire symbolique, cette affaire trace une frontière que le monde de la culture refusait de voir : on peut pardonner un homme sans avoir à le célébrer.
C'est un revirement spectaculaire. Moins d'un mois après l'annonce du Metropolitan Museum of Art, John Galliano a retiré lundi l'exposition qui devait lui être consacrée au printemps 2027 par le Costume Institute — un honneur rarissime qui aurait fait de lui le troisième créateur vivant seulement à recevoir une exposition solo au Met, en ouverture du Met Gala. Le couturier a reconnu qu'une célébration de son œuvre pouvait être « douloureuse pour certains », en particulier pour les Juifs et les Asiatiques visés par ses propos passés.
Rappel des faits : en 2011, Christian Dior licencie Galliano après la diffusion d'une vidéo où il fait l'éloge de Hitler dans un café parisien. Un tribunal français le condamne pour injures publiques à caractère racial et religieux. Suivront la désintoxication, un long travail avec Abraham Foxman de l'Anti-Defamation League — qui reconnaît dès 2013 une « vraie contrition » — et un retour progressif dans la mode.



