Par 237 voix contre 169, la Chambre des représentants adopte une loi qui coupe les fonds fédéraux aux universités pratiquant un boycott commercial d'Israël. Au-delà de la victoire contre BDS, ce vote déplace la bataille sur un terrain où le mouvement n'a jamais su gagner : celui du coût réel.
C'est un vote qui va faire trembler plus d'un conseil d'administration universitaire. Jeudi, la Chambre des représentants américaine a adopté par 237 voix contre 169 le Protect Economic and Academic Freedom Act (HR 4795), co-parrainé par la républicaine Virginia Foxx et le démocrate Josh Gottheimer. Le texte amende la loi sur l'enseignement supérieur de 1965 : pour rester éligibles à certains financements fédéraux, les universités devront s'abstenir de participer à un « boycott commercial non expressif d'Israël » — et certifier que leurs étudiants ne sont pas « déraisonnablement empêchés » de participer à des programmes académiques en Israël.
Le détail juridique compte. Le texte s'appuie sur une décision d'une cour d'appel fédérale de 2022, qui a établi qu'un boycott économique est une conduite commerciale « non expressive » — et non un discours protégé par le Premier amendement. Autrement dit : piqueter, manifester, dénoncer restent des droits absolus. Refuser des contrats avec des entités israéliennes en tant qu'institution financée par le contribuable, non. « Cette législation a de vraies dents », a résumé Virginia Foxx, y voyant une rupture nette avec « ces campagnes concrètes d'antisémitisme ».



