Pendant que le monde ne parle que de guerre, un projet de corridor commercial entre l'Inde, le Golfe, Israël et l'Europe redessine silencieusement la carte du pouvoir. Et il place Israël au centre — ce qui explique pourquoi certains veulent absolument le faire échouer.
L'agence JTA le résume d'une formule juste : le corridor IMEC (India–Middle East–Europe Economic Corridor) est « la plus grande histoire du Moyen-Orient dont personne ne parle ». Le projet, lancé dans le sillage des accords d'Abraham et relancé lors du G20 de New Delhi, vise à relier l'Inde à l'Europe par une chaîne de ports, de rails et de câbles traversant les Émirats, l'Arabie saoudite, la Jordanie et Israël — avec Haïfa comme porte d'entrée méditerranéenne. À la clé : des semaines de transit économisées face à la route de Suez, et un axe alternatif aux Nouvelles routes de la soie chinoises. La condition, écrit JTA, est simple et redoutable : que la région cesse de se battre.
Ce qu'il faut comprendre, c'est que ce corridor est bien plus qu'un dossier logistique. C'est la traduction infrastructurelle de la normalisation. Un rail, un port, un câble ne se signent pas comme un communiqué : ils s'amortissent sur trente ans. Un pays qui investit dans une voie ferrée passant par Israël prend un engagement matériel que nul discours à l'ONU ne défera facilement. C'est précisément la victoire stratégique que Jérusalem cherche depuis 1948 : ne plus être une anomalie tolérée, mais un maillon dont on ne peut se passer.
Un rail, un port, un câble ne se signent pas comme un communiqué : ils s'amortissent sur trente ans.


