Le chef d'état-major de Tsahal le dit sans détour : le manque de budget « porte atteinte à la préparation » de l'armée, au moment même où elle est mobilisée de l'Iran au Liban en passant par Gaza. Quand le soldat le plus gradé d'Israël parle d'argent en pleine évaluation opérationnelle, ce n'est pas de la comptabilité — c'est un signal d'alarme stratégique.
Jeudi, lors d'une évaluation de la situation sur les différents théâtres d'opérations, le général Eyal Zamir a prononcé une phrase qu'aucun chef d'état-major ne prononce à la légère : « Nous devons faire face à des caisses vides. Une telle situation porte atteinte à la préparation de Tsahal. » L'homme qui commande l'armée d'Israël, engagée simultanément « de l'Iran au Liban en passant par Gaza », vient de dire publiquement que le nerf de la guerre fait défaut.
Le contexte rend l'aveu encore plus lourd. Face aux tensions en Judée-Samarie et à l'approche des fêtes juives, Zamir a ordonné de relever le niveau de préparation du quartier général d'une division régulière supplémentaire, et demandé que des unités et des bataillons puissent être déployés immédiatement en renfort. « Tsahal, dans toutes ses composantes, restera en état d'alerte maximal et sur plusieurs fronts pendant la période des fêtes », a-t-il assuré, en précisant qu'aucune réduction des effectifs opérationnels n'était prévue. Autrement dit : l'armée fait plus, avec moins.

