Devant le Parlement, le chef de la diplomatie britannique annonce vouloir empêcher les entreprises du pays de « financer, construire ou promouvoir » des implantations en Judée-Samarie. Derrière le vocabulaire feutré du « reset », c'est une mécanique de boycott d'État qui se met en place — et elle vise d'abord les Britanniques eux-mêmes.
Devant le Parlement britannique, le ministre des Affaires étrangères Ed Miliband a annoncé un « reset » — une remise à zéro — de la politique du Royaume-Uni concernant les implantations israéliennes en Cisjordanie. Sa formule est explicite : « Nous ne voulons pas que des entreprises britanniques financent, construisent ou fassent la promotion de nouvelles implantations. »
Les détails du dispositif restent à préciser, mais la direction est claire. Il ne s'agit plus seulement de la position diplomatique classique de Londres — qui juge les implantations « contraires au droit international », une antienne répétée depuis des décennies. Il s'agit désormais d'orienter le comportement économique d'acteurs privés britanniques. Le mot « advertising » — la promotion, la publicité — est le plus révélateur : on ne parle plus de béton, mais de communication. Une agence londonienne qui ferait campagne pour un projet immobilier à Ma'ale Adoumim tomberait-elle sous le coup de cette politique ? La question n'est plus théorique.



