Javier Milei menace de sanctionner Navitas Petroleum, société israélienne engagée dans le gisement Sea Lion au large des Malouines. Derrière le bras de fer pétrolier, une leçon que Jérusalem ferait bien de méditer : l'amitié la plus démonstrative ne suspend jamais les intérêts nationaux.
Javier Milei est sans doute le chef d'État le plus ostensiblement pro-israélien de la planète. Il cite la Torah, brandit la menorah, promet de transférer son ambassade à Jérusalem. Et pourtant, c'est bien lui qui menace aujourd'hui de sanctionner une société israélienne — Navitas Petroleum, dirigée par Gideon Tadmor — pour sa participation au développement du gisement Sea Lion, au large des îles Malouines.
Les faits sont massifs. Découvert en 2010 à quelque 225 kilomètres au nord de l'archipel, Sea Lion est présenté comme le quatrième plus grand gisement pétrolier non encore exploité au monde. Navitas en détient 65 %, aux côtés du britannique Rockhopper. Premiers forages prévus début 2027, entrée en production au premier trimestre 2028. Sauf que l'Argentine revendique ces îles depuis le XIXe siècle — elle les appelle Islas Malvinas — et que Milei veut désormais durcir la loi pour sanctionner non seulement les exploitants, mais aussi leurs prestataires.



