Selon Radio J, Shannon Seban reproche à Mathilde Panot de voir du sionisme jusque dans la lutte contre le cancer du sein. On en sait encore peu. Mais une accusation qui atteint une cause de santé ne décrit plus un adversaire : elle le marque, et elle s'use.
Radio J rapporte une prise de position de Shannon Seban visant Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale. Le reproche tient en une formule : pour la députée insoumise, « même la lutte contre le cancer du sein est sioniste ». À l'heure où nous écrivons, nous ne disposons que de ce titre. Nous ne connaissons ni les propos exacts de Mathilde Panot, ni le contexte qui les a provoqués, ni la forme précise de la réponse de Shannon Seban. Prudence, donc, sur les détails. Mais la formule elle-même mérite qu'on s'y arrête, parce qu'elle dit quelque chose que l'on observe depuis longtemps.
Le mot « sioniste », dans une partie de la gauche française, n'est plus un terme politique. Il ne désigne plus l'idée qu'un peuple a droit à un État sur sa terre. Il sert de marqueur : on l'applique à une personne, à une association, à une initiative, et il suffit à la disqualifier. Nul besoin d'argumenter. Le mot fait le travail. Et quand il atteint, selon Shannon Seban, une cause comme la lutte contre le cancer du sein, le mécanisme se montre à nu : ce qui est visé n'est pas une politique, c'est une appartenance.
Le mot « sioniste », dans une partie de la gauche française, n'est plus un terme politique.



