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Culture

« Mon emploi du temps s'est un peu allégé » : Macklemore, le « muselé » qui annonce une tournée dans trois capitales

Exclu des premières parties d'Ed Sheeran, le rappeur lance un « Free Palestine Tour » à Dublin, Paris et Londres et se présente en victime de la « classe des milliardaires ». Un homme bâillonné qui affiche trois capitales, c'est la démonstration inverse de celle qu'il prétend faire. Et la date de Paris, le 29 octobre, regarde directement les Juifs de France.

Il y a douze jours, Midbar racontait l'exclusion de Macklemore des premières parties d'Ed Sheeran, après son appel à « libérer la Palestine » lancé début septembre depuis la scène du MetLife Stadium. Voici le fait nouveau : jeudi 24 septembre, le rappeur américain a annoncé sur ses réseaux un « Free Palestine Tour » en Europe. Trois dates pour commencer : Dublin le 26 octobre, Paris le 29, Londres le 30. L'intégralité des recettes ira, promet-il, à des organisations qui soutiennent le peuple palestinien. Le line-up reste inconnu, mais l'affiche « Macklemore and Friends » et le commentaire enthousiaste du groupe Kneecap donnent une idée de la compagnie.

Le texte qui accompagne l'annonce mérite d'être lu en entier. « Rester apolitique devant un génocide n'est plus une option », écrit-il. Puis : « Lorsque la classe des milliardaires peut décider quelles voix ont le droit de s'exprimer sur scène et lesquelles sont trop dangereuses pour être entendues, tout le monde devrait y prêter attention. » Et pour finir, en guise de clin d'œil : « Mon emploi du temps s'est un peu allégé. »

Tenons ces trois phrases ensemble. Un artiste qui se dit bâillonné annonce, le même jour, trois concerts dans trois capitales européennes, avec des amis prêts à le rejoindre sur scène et une presse qui relaie chaque mot. Ce n'est pas le portrait d'un homme qu'on a fait taire. C'est celui d'un homme qui a perdu une place de première partie et gagné une tête d'affiche. Le « muselage » n'est pas ce qu'il subit : c'est ce qu'il vend. Sans ce récit, pas d'affiche, pas de titre dans la presse, pas de cause à proposer au guichet.

Le mot « génocide », lui, fait son travail habituel. Il transforme une guerre déclenchée par l'attaque du Hamas en 2023, que le HuffPost rappelle lui-même dans son article, en crime absolu dont Israël serait le seul comptable. Quant à la précision lancée au MetLife, selon laquelle critiquer « Israël » ou « l'apartheid » n'est « en aucun cas » critiquer les Juifs, elle se heurte à un souvenir que Pink et d'autres lui ont opposé : en 2014, Macklemore montait sur scène avec un gros nez et une barbe postiche. On peut avoir porté ce costume sans être antisémite. On ne peut pas, ensuite, exiger d'être cru sur parole quand on trace soi-même la frontière.

Quant à la précision lancée au MetLife, selon laquelle critiquer « Israël »

La leçon la plus utile de la séquence ne concerne pourtant pas Macklemore. Elle concerne Ed Sheeran. Le chanteur a d'abord invoqué un devoir de neutralité. Résultat : ses abonnés dégringolent, le prix de ses billets s'effondre sur le marché de la revente selon TicketData, et à Philadelphie, lors de son premier concert depuis la polémique, il reconnaît « des erreurs » et juge la situation à Gaza « injustifiable ». La neutralité n'a protégé personne. Elle a seulement désigné celui qui céderait le premier.

Pour les Juifs de France, la date qui compte est celle du 29 octobre, à Paris. Une salle encore inconnue, un public, des recettes fléchées vers des organisations que l'annonce ne nomme pas. Il n'y a là rien à craindre et rien à interdire : un concert reste un concert, et notre camp n'a jamais eu besoin de faire taire qui que ce soit pour exister. Ce que cette affaire enseigne est plus encourageant. Ceux qui ont dit clairement ce qu'ils pensaient, Pink en tête, sont sortis debout. Celui qui a voulu ne rien dire a tout perdu, jusqu'à ses billets. Macklemore a raison sur un point, malgré lui : en 2026, la parole se prend, elle ne se demande pas. Alors prenons-la. Nos scènes, nos voix, nos salles pleines, pour dire aussi fort ce que nous sommes et pourquoi Israël se défend.

#Macklemore#EdSheeran#Israel#Antisemitisme#Paris#Culture#Midbar

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