Le « Boucher de Bosnie » est mort jeudi dans sa cellule de La Haye. Sa condamnation pour génocide, loin d'être un simple chapitre d'histoire, est aujourd'hui la meilleure démonstration de ce que le mot signifie en droit — et de pourquoi il ne s'applique pas à Israël.
Ratko Mladić est mort jeudi dans un hôpital pénitentiaire de La Haye, où il purgeait une peine de prison à vie. Condamné en novembre 2017 pour génocide par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, le général serbe de Bosnie restera dans l'histoire comme le « Boucher de Bosnie » : l'homme qui, en juillet 1995, ordonna le massacre systématique de plus de 8 000 hommes et garçons bosniaques à Srebrenica — une enclave que l'ONU avait pourtant déclarée « zone de sécurité » et que les casques bleus néerlandais abandonnèrent lâchement à son arrivée.
Les faits jugés sont sans ambiguïté. Le 11 juillet 1995, Mladić est filmé déclarant : « Nous offrons cette ville au peuple serbe » et « le temps est venu de se venger des Turcs de cette région » — désignant ainsi les musulmans de Bosnie par un terme méprisant. En 2007, la Cour internationale de justice a conclu que les actes commis à Srebrenica l'ont été « avec l'intention spécifique de détruire en partie le groupe des musulmans de Bosnie-Herzégovine en tant que tel » : la définition exacte du génocide selon l'article II de la Convention de 1948.
et « le temps est venu de se venger des Turcs de cette région »



