La plus grande base de données cinématographique du monde a remplacé « Israël » par « territoires palestiniens » sur plusieurs fiches de films. Derrière ce qui ressemble à un détail technique se joue une bataille bien plus vaste : celle de l'effacement algorithmique d'un État.
L'information, révélée par BFM, semble anecdotique : IMDb, la base de données cinématographique de référence mondiale, propriété d'Amazon, a remplacé la mention « Israël » par « territoires palestiniens » dans plusieurs fiches de présentation de films. Pas de communiqué, pas de débat public, pas de décision éditoriale assumée : une modification silencieuse, dans les métadonnées d'un site consulté par des centaines de millions de personnes.
C'est précisément ce silence qui doit nous alerter. Un boycott est bruyant : il s'affiche, il se revendique, il peut être combattu sur la place publique — on l'a vu à Lisbonne avec Jerry Seinfeld. Une modification de base de données, elle, est invisible. Le spectateur qui cherche un film israélien ne saura même pas qu'un choix politique a été fait à sa place. Le pays de production d'une œuvre n'est pourtant pas un détail : c'est une donnée d'état civil culturel. La changer, c'est réécrire l'origine d'une œuvre — et, de proche en proche, contester l'existence même du pays qui l'a produite.



