Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez demande aux préfets de renforcer la sécurité autour des synagogues avant les fêtes de Tichri. Un réflexe devenu si routinier qu'il en dit long : en France, le calendrier juif est désormais un calendrier sécuritaire — et personne ne semble plus s'en étonner.
Dans quelques jours, les Juifs de France entreront dans le mois de Tichri : Roch Hachana du vendredi 11 au dimanche 13 septembre, Yom Kippour le 20, Souccot à partir du 25. Et comme chaque année désormais, l'entrée dans l'année nouvelle s'accompagne d'un document administratif : un télégramme du ministre de l'Intérieur, daté du 31 août, demandant aux préfets et aux forces de l'ordre d'« accentuer leur vigilance » autour des lieux de culte juifs. Laurent Nuñez y rappelle que la menace terroriste « continue de peser sur notre pays », aggravée par « la persistance des tensions au plan international ».
Les chiffres cités par le ministre lui-même donnent la mesure du problème. En 2025, 1 320 actes antisémites ont été recensés par la direction nationale du renseignement territorial. Au premier semestre 2026, on en compte 532 — en baisse de 18 %, avec un pic en mars « en lien avec la dégradation de la situation au Proche-Orient ». On serait tenté d'y voir une bonne nouvelle. Ce serait une erreur de lecture.
