Rome renonce au bouclier anti-drones de Rafael : quand un juge désarme l'Europe
En annulant l'achat d'un système israélien de défense anti-drones sur décision de justice, l'Italie ne punit pas Israël : elle se punit elle-même. Et elle offre au reste du monde le mode d'emploi pour vider un pays de ses capacités de protection, tribunal après tribunal.
Selon des informations de presse, Rome a renoncé à acquérir un système anti-drones de l'israélien Rafael Advanced Defense Systems, à la suite d'une décision de justice italienne. Le dossier s'inscrit dans une séquence plus large : depuis le 7 octobre 2023, plusieurs pays européens ont suspendu, gelé ou renégocié des contrats d'armement impliquant des industriels israéliens, sous la pression conjointe d'ONG, de recours judiciaires et de coalitions militantes.
Disons-le clairement : ce n'est pas une victoire morale, c'est un renoncement sécuritaire. Le marché des systèmes anti-drones n'est pas un marché de confort. C'est le segment le plus critique de la défense contemporaine, celui que la guerre en Ukraine, les attaques houthies en mer Rouge et les incursions de drones non identifiés au-dessus des aéroports européens ont propulsé au rang d'urgence absolue. Israël y est leader parce qu'il est le seul pays occidental à avoir été contraint d'intercepter des menaces aériennes low cost quotidiennement, pendant des années. On n'achète pas du matériel israélien par sympathie : on l'achète parce qu'il a été validé par le réel.
Ce que révèle l'épisode romain, c'est la maturation d'une stratégie : le lawfare de substitution. Faute de pouvoir obtenir des gouvernements européens une rupture diplomatique avec Israël, les réseaux militants ont déplacé le combat vers les tribunaux administratifs et commerciaux, où une procédure suffit à faire dérailler un contrat sans jamais avoir à gagner un débat politique. Le juge devient l'instrument d'une politique étrangère que personne n'a votée.
Et voici l'angle que l'on ne lira nulle part ailleurs. Cette stratégie a un effet boomerang que ses promoteurs n'ont pas anticipé : elle transforme Israël en fournisseur *rare*. Chaque annulation européenne redirige la technologie israélienne vers les Émirats, l'Inde, l'Azerbaïdjan, la Grèce, l'Amérique. Rafael et Elbit ne manquent pas de clients ; l'Europe, elle, manque de boucliers. À moyen terme, le continent qui aura boycotté les intercepteurs israéliens devra les racheter plus cher, plus tard, sous la contrainte d'une crise.
Il y a là une leçon très ancienne pour les Juifs : on nous exclut d'un marché en se croyant vertueux, puis on revient frapper à la porte quand le danger devient concret. Israël n'a pas besoin de la validation morale de Rome. Rome, elle, aura besoin d'un ciel protégé.