Rome renonce au bouclier anti-drones israélien : quand un tribunal désarme l'Europe
En annulant l'achat d'un système anti-drones de Rafael, l'Italie ne « sanctionne » pas Israël : elle se prive d'une technologie qui protège ses propres citoyens. Le boycott vient de franchir un cap — il est entré dans les prétoires européens.
Selon des informations de presse, Rome a renoncé à l'acquisition d'un système anti-drones développé par le groupe israélien Rafael, à la suite d'une décision de justice. Le dossier, porté par des recours contestant les liens de la défense italienne avec l'industrie israélienne, aboutit à un résultat simple : un État européen abandonne un équipement de protection déjà sélectionné.
Ce qu'il faut voir ici dépasse largement un contrat. Depuis deux ans, la campagne de délégitimation d'Israël a changé de terrain. Elle n'est plus seulement dans la rue, les campus ou les votes symboliques d'assemblées municipales : elle s'est professionnalisée et a investi le droit administratif européen. Recours, référés, procédures sur les marchés publics — le « lawfare » est devenu l'arme la plus efficace du BDS, parce qu'il n'a pas besoin de convaincre l'opinion : il lui suffit de bloquer une signature.
Et c'est une victoire à la Pyrrhus pour ceux qui la revendiquent. Les systèmes anti-drones israéliens ne sont pas des armes offensives : ce sont des boucliers, conçus dans le seul pays au monde qui subit depuis vingt ans des tirs quotidiens sur ses civils. Rafael, c'est la maison du Dôme de fer. Renoncer à cette technologie au nom de la « morale », c'est renoncer à protéger des aéroports, des centrales, des stades et des foules italiennes contre une menace — le drone bon marché — qui est devenue, de l'Ukraine à la mer Rouge, l'arme la plus banalisée du siècle.
L'angle que personne ne souligne : ce dossier est en réalité un test de souveraineté européenne, et l'Europe vient de le rater. Car la question posée n'est pas « faut-il acheter israélien ? », mais « qui décide de l'équipement de défense d'une nation ? ». Si un juge, saisi par des militants, peut annuler un choix capacitaire validé par l'exécutif, alors la politique de défense européenne devient otage du contentieux militant. Demain, le même levier pourra viser un composant américain, un satellite, un logiciel de renseignement.
Israël, lui, survivra à ce contrat perdu : ses carnets de commandes explosent, de l'Allemagne à l'Azerbaïdjan, précisément parce que sa technologie a été validée au combat. Le vrai perdant, c'est le citoyen italien. Et le vrai message envoyé aux Juifs d'Europe est glaçant : on peut désormais rendre Israël juridiquement infréquentable, un dossier à la fois. À nous de documenter chaque étape — et de rappeler que ceux qui désarment les démocraties ne rendent personne plus moral, seulement tout le monde plus vulnérable.