Avec 43,8 % des voix et 39 sièges sur 83, l'AfD frôle la majorité absolue en Saxe-Anhalt. La vraie nouvelle n'est pas le score : c'est qu'un petit parti à 5,3 %, le BSW, peut lui offrir le premier gouvernement d'extrême droite d'un Land allemand depuis 1945 — et que le « cordon sanitaire » ne dépend plus des grands partis.
Le verdict est tombé dimanche : l'AfD remporte 43,8 % des voix en Saxe-Anhalt, écrasant la CDU du chancelier Friedrich Merz, reléguée à 17,2 %. Le parti d'extrême droite obtient 39 sièges sur les 83 du parlement régional — à trois sièges seulement de la majorité absolue. Merz s'est dit « profondément choqué » et a reconnu la « défaite la plus sévère » de son parti depuis des décennies, ajoutant qu'il était impossible de « revenir au business as usual ».
Nous avions analysé avant le scrutin ce que représenterait un tel score. Le fait nouveau, c'est qu'il est advenu — et au-delà des projections. Surtout, un détail arithmétique change tout : le BSW de Sahra Wagenknecht, crédité de 5,3 %, n'a pas exclu de gouverner avec l'AfD. Si ces chiffres se confirment, le premier gouvernement d'extrême droite d'un Land allemand depuis la Seconde Guerre mondiale ne dépendrait ni de la CDU ni de la SPD, mais d'un parti issu de la gauche radicale. Le fameux « cordon sanitaire », que la presse généraliste présente comme l'affaire des partis « respectables », peut être contourné par la marge.



