L'extrême droite allemande pourrait signer dimanche son plus grand succès depuis sa création en 2013. Le vrai danger n'est pas le score : c'est ce qu'un parti extrémiste peut faire une fois qu'il tient la police, le renseignement et l'école d'un Land.
Ce dimanche, 1,7 million d'électeurs de Saxe-Anhalt, ancien Land d'Allemagne de l'Est, pourraient offrir à l'Alternative für Deutschland (AfD) son résultat le plus significatif depuis sa fondation en 2013 : les sondages la créditent de 40 % des voix. Un chiffre vertigineux dans le pays qui a inventé le « plus jamais ça » — et qui ouvrirait, selon le site du parti lui-même, la porte à « tout est possible » : y compris, en théorie, le premier gouvernement régional dirigé par l'extrême droite depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Les garde-fous institutionnels existent, et il faut les rappeler : en Allemagne, le vainqueur d'une élection régionale ne gouverne pas automatiquement. C'est le parlement du Land qui élit le ministre-président après formation d'une coalition. En Thuringe, il y a deux ans, l'AfD était arrivée en tête — une première pour l'extrême droite depuis 1945 — et avait pourtant été bloquée par le refus unanime des autres partis. Le scénario le plus probable en Saxe-Anhalt reste celui d'une coalition de partis minoritaires dépassant ensemble les 50 %.



