Midbar
← Retour
Israël

« Star Wars bleu-blanc » : Tsahal monte en orbite sans lâcher le char

Une brigade spatiale, une brigade robotique et le retour de la 500e brigade blindée dissoute en 2003 : en une seule réunion, l'état-major a dessiné une armée qui regarde le ciel sans oublier le sol. Et le nom du programme, Hoshen, dit à qui cette puissance appartient.

·Source : i24NEWS

Tsahal prévoit de créer dans les prochains mois une brigade spatiale, rattachée à sa direction du Plan et des ressources humaines. Sa mission : coordonner le développement et l'emploi des technologies militaires liées à l'espace, à commencer par des systèmes de surveillance en orbite. Le projet s'inscrit dans le programme pluriannuel « Hoshen ». L'armée affirme avoir mis au point, au cours de l'année écoulée, des capteurs spatiaux capables de surveiller la Terre ainsi que des technologies liées aux opérations dans l'espace.

Le général de brigade S., dont le nom complet n'a pas été communiqué, prendra la tête de l'unité. Deux lieutenants-colonels, N. et S., dirigeront ses départements et seront promus colonels. Ces nominations restent soumises à l'approbation du ministre de la Défense, Israël Katz. Lui n'a pas attendu pour donner le ton : mardi, il a parlé d'un « Star Wars bleu-blanc » et défendu l'idée de surveiller, défendre et, à terme, frapper des cibles depuis l'espace. L'armée, elle, précise que ces objectifs sont de long terme, qu'aucune capacité offensive n'est confirmée comme opérationnelle, et qu'aucun calendrier n'est fixé.

Deux voix, donc. Le ministre parle en slogan, l'armée en calendrier prudent. Ce n'est pas une contradiction, c'est une division du travail saine : à la politique l'ambition qui donne la direction, aux militaires la sobriété qui protège la crédibilité. Un pays qui promet moins qu'il ne fait est un pays que ses ennemis sous-estiment. Les capteurs existent déjà ; le reste viendra sans communiqué.

Un pays qui promet moins qu'il ne fait est un pays que ses ennemis sous-estiment.

Regardez ensuite les noms. Il n'y en a pas. S., N., S., et plus loin R. : le « Star Wars » israélien n'a pas de vedette. Ce détail dit l'essentiel sur la nature de cette puissance : elle ne sera pas l'affaire d'un héros, mais d'un collectif d'officiers et d'ingénieurs dont le pays ne connaîtra pas le visage. Une puissance spatiale par initiales, c'est une puissance de peuple, pas de personne.

Mais l'angle le plus parlant se trouve dans ce qui a été annoncé en même temps. La réorganisation sort d'une réunion consacrée aux nominations, présidée lundi par le chef d'état-major Eyal Zamir. Elle comprend aussi une brigade spécialisée dans la robotique, rattachée au commandement de la profondeur, et le rétablissement de la 500e brigade blindée, dissoute en 2003, que le lieutenant-colonel R. commandera une fois promu colonel. Lisez les trois ensemble : l'orbite, le robot, le char. Trois étages, trois époques. Tsahal ne croit pas qu'une technologie en remplace une autre. Le satellite voit, le robot avance, le char tient le terrain. Ressusciter une unité blindée enterrée il y a plus de vingt ans, le jour même où l'on annonce l'espace, c'est refuser la mode qui jette l'ancien dès que le nouveau brille. C'est une armée qui additionne au lieu de substituer.

Reste le nom du programme. Le hoshen, dans la Torah, c'est le pectoral du grand prêtre : douze pierres, une par tribu, portées sur le cœur. Appeler ainsi le plan pluriannuel de l'armée n'est pas un hasard de vocabulaire. Cela dit à qui appartient cette puissance qui monte : à toutes les tribus d'aujourd'hui, celles qui servent sous l'uniforme, celles qui prient, celles qui codent, celles qui vivent à Paris ou à Marseille et regardent le ciel d'Israël avec fierté. L'espace est le seul territoire où personne ne contestera les frontières d'Israël. Et ceux qui y montent, sans nom, portent les douze pierres sur la poitrine.

#Israel#Tsahal#Espace#Hoshen#Midbar#Defense

Midbar vit de ses lecteurs.

Pas de paywall, pas de compte, pas de traceur. Un soutien, une fois ou chaque mois, finance ce que vous venez de lire.

Soutenir Midbar

À lire aussi