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Tou Bev : la fête oubliée qui pourrait sauver le peuple juif de lui-même

Pendant que le monde scrute nos divisions, une fête antique nous rappelle que l'amour entre Juifs a toujours précédé l'amour du couple. Et si Tou Bev était l'antidote dont nous avons le plus besoin en ce moment ?

28/07/2026·Source : JTA

Le 15 du mois d'Av, Tou Bev, est souvent réduit dans l'imaginaire collectif à une sorte de "Saint-Valentin juive". Pourtant, comme le rappelle une éducatrice juive dans une tribune récente, les rituels anciens de cette fête n'avaient rien à voir avec le romantisme individuel : à l'époque du Second Temple, les jeunes filles de Jérusalem empruntaient des robes blanches pour effacer les différences de richesse, et dansaient ensemble dans les vignes, invitant les jeunes hommes à choisir non pas la beauté, mais la lignée et le caractère. C'était une fête de l'appartenance collective, pas du couple isolé.

Ce rappel historique tombe à un moment où le peuple juif, en Israël comme dans la diaspora, traverse l'une des périodes les plus polarisées de son histoire récente. Guerre à Gaza, débats internes sur la réforme judiciaire, fractures entre orthodoxes et laïcs, tensions entre Juifs américains sur Israël : les lignes de fracture se multiplient, et beaucoup s'inquiètent, à raison, de voir l'unité nationale juive s'éroder de l'intérieur autant que menacée de l'extérieur.

C'est précisément là que Tou Bev prend une dimension stratégique que peu soulignent : cette fête n'est pas un supplément folklorique à notre calendrier, elle est un contre-modèle délibéré face à Tisha BeAv, qui la précède de quelques jours seulement. Le Temple a été détruit, disent nos sages, à cause de la haine gratuite entre Juifs. Tou Bev, elle, célèbre le remède : la capacité à se retrouver, à effacer les hiérarchies de richesse et de statut, à choisir l'unité plutôt que la division.

L'angle que peu de commentateurs relèvent : dans un contexte où l'Etat d'Israël est attaqué diplomatiquement et militairement de l'extérieur, la vraie ligne de front se joue aussi à l'intérieur du camp juif lui-même. Nos ennemis n'ont pas besoin de nous diviser davantage — ils comptent sur nos propres fractures pour affaiblir notre résilience collective. Ressusciter consciemment l'esprit de Tou Bev, ce n'est pas nostalgie folklorique : c'est un acte de résistance stratégique. Une nation unie en interne est une nation que rien, ni le Hamas, ni l'antisémitisme mondial, ni les pressions diplomatiques, ne peut véritablement briser. La fête de l'amour, en somme, n'est pas un supplément d'âme : c'est une arme de défense collective.

#TouBev#PeupleJuif#Unité#Israel#Midbar#TishaBeAv