Pendant que le monde scrute nos divisions, une fête antique nous rappelle que l'amour entre Juifs a toujours précédé l'amour du couple. Et si Tou Bev était l'antidote dont nous avons le plus besoin en ce moment ?
Le 15 du mois d'Av, Tou Bev, est souvent réduit dans l'imaginaire collectif à une sorte de "Saint-Valentin juive". Pourtant, comme le rappelle une éducatrice juive dans une tribune récente, les rituels anciens de cette fête n'avaient rien à voir avec le romantisme individuel : à l'époque du Second Temple, les jeunes filles de Jérusalem empruntaient des robes blanches pour effacer les différences de richesse, et dansaient ensemble dans les vignes, invitant les jeunes hommes à choisir non pas la beauté, mais la lignée et le caractère. C'était une fête de l'appartenance collective, pas du couple isolé.
Ce rappel historique tombe à un moment où le peuple juif, en Israël comme dans la diaspora, traverse l'une des périodes les plus polarisées de son histoire récente. Guerre à Gaza, débats internes sur la réforme judiciaire, fractures entre orthodoxes et laïcs, tensions entre Juifs américains sur Israël : les lignes de fracture se multiplient, et beaucoup s'inquiètent, à raison, de voir l'unité nationale juive s'éroder de l'intérieur autant que menacée de l'extérieur.