Trois Français soupçonnés de préparer un départ vers l'État islamique et une action violente visant la communauté juive ont été interpellés, en lien avec une jihadiste américaine. Derrière le soulagement d'une attaque déjouée, une réalité que la France refuse de nommer : les Juifs sont redevenus la cible prioritaire du jihadisme mondialisé.
Selon les informations révélées par RTL, trois hommes français ont été interpellés, soupçonnés de préparer à la fois un départ vers l'État islamique et un « projet d'action violente visant la communauté juive ». Détail qui change tout : ces trois suspects étaient en lien avec une jihadiste américaine. L'affaire, également rapportée par Ouest-France, s'inscrit dans une procédure antiterroriste en cours, et les informations disponibles restent à ce stade parcellaires. Mais ce que l'on sait déjà suffit à poser les bonnes questions.
Car cette interpellation n'est pas un fait divers sécuritaire de plus. Elle réunit en un seul dossier les deux visages de la menace qui pèse sur les Juifs de France : le projet de départ vers une organisation jihadiste — signe d'une radicalisation aboutie, idéologique, structurée — et le ciblage explicite de la communauté juive comme objectif d'action violente sur le sol français. Ces deux éléments ne sont pas juxtaposés par hasard : dans l'imaginaire jihadiste, partir « là-bas » et frapper les Juifs « ici » sont deux expressions du même combat. De Mohammed Merah à l'Hyper Cacher, cette continuité s'est écrite dans le sang.
Ces deux éléments ne sont pas juxtaposés par hasard : dans l'imaginaire jihadiste, partir « là-bas »
