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Israël

« Un engin du Hezbollah » : quand une explosion entre les mains d'un élève cesse d'être un fait divers

Israël confirme, rapporte le Times of Israël, que l'engin qui a explosé entre les mains d'un élève était un engin du Hezbollah. On sait encore peu de choses de l'incident. Mais la confirmation elle-même dit l'essentiel : ce n'est pas un accident, c'est un acte de guerre, et il a un auteur.

Le Times of Israël le rapporte en une phrase : Israël confirme que l'engin qui a explosé entre les mains d'un élève était bien un engin du Hezbollah. Au moment où nous écrivons, nous ne disposons pas du détail des circonstances, ni du lieu exact, ni de l'état de santé de cet élève. Nous ne les inventerons pas. Nos pensées vont à lui et à sa famille, et nous attendrons les précisions avant d'en dire davantage.

Mais il y a déjà une chose que l'on peut lire, et c'est la confirmation elle-même. Sans elle, cette explosion aurait pu rester un fait divers, un accident, un « objet non identifié » dont on parle deux jours. Avec elle, l'événement change de nature. Un enfant qui tient dans ses mains une arme du Hezbollah, ce n'est pas le hasard : c'est la conséquence directe d'une organisation qui, depuis des années, fait pleuvoir sur le nord d'Israël des engins conçus pour tomber là où vivent des civils.

C'est tout l'enjeu de nommer. Le Hezbollah prospère dans le flou : des tirs « non revendiqués », des engins « d'origine inconnue », des victimes dont on finit par ne plus savoir qui les a frappées. Chaque fois qu'Israël attribue publiquement un engin à son auteur, il refuse ce flou. Il rend à la milice de Hassan Nasrallah et de ses successeurs la responsabilité de ce qu'elle sème, et il donne à sa propre riposte, militaire ou diplomatique, une base que personne ne pourra contester de bonne foi.

Le mot qui compte, dans cette dépêche, est pourtant le plus banal : « élève ». Il dit que la ligne de front, pour le Hezbollah, passe par une cour d'école. Il dit aussi quelque chose de nous. Les enfants d'Israël apprennent tôt, à l'école précisément, qu'on ne touche pas un objet inconnu, qu'on appelle un adulte, qu'on s'éloigne. Cette éducation n'est pas une marque de peur : c'est la forme la plus concrète de la responsabilité mutuelle, kol Israël arevim zé la zé. Un peuple qui enseigne à ses enfants à se protéger les uns les autres est un peuple qui a décidé de durer.

Le mot qui compte, dans cette dépêche, est pourtant le plus banal : « élève ».

Et c'est ici que la diaspora a un rôle. Quand un enfant du nord d'Israël est blessé par une arme du Hezbollah, la tentation, en France, est de ranger l'information dans la rubrique « Proche-Orient », loin, compliqué. Elle ne l'est pas. Un Juif de Sarcelles, de Strasbourg ou de Marseille a dans ce dossier un intérêt direct : le Hezbollah est une organisation dont la branche armée est inscrite sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne, et son discours trouve des relais jusque dans nos rues. Dire clairement d'où vient l'engin, c'est aussi se donner les mots pour répondre quand on nous explique que cette milice « résiste ».

Nous reviendrons sur cet incident quand les faits seront établis. En attendant, retenons la leçon de la confirmation : chaque fois que l'ennemi est nommé, l'enfant cesse d'être une statistique et redevient l'un des nôtres. Et c'est ainsi, en refusant l'anonymat des coups reçus, qu'un peuple reste debout.

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