Devant les présidents des parlements européens réunis par le Conseil de l'Europe, le président de la Knesset a brandi un livre où le mot « Juif » est imprimé six millions de fois. Et il a dit à ses hôtes une chose que l'on n'ose jamais dire aux élus : ils ne sont pas trompés, ils savent. Ce diagnostic change tout.
Jeudi, à Rome, le président de la Knesset Amir Ohana s'est adressé aux présidents de parlements européens réunis dans le cadre du Conseil de l'Europe. Le sujet était l'accusation de génocide portée contre Israël. Sa réponse tient en une phrase, prononcée devant la salle : « Tous ceux qui se trouvent dans cette salle connaissent la vérité : Israël ne commet pas de génocide. Cessez ce mensonge odieux. » À la fin, l'assemblée l'a applaudi, et la présidente de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, l'Autrichienne Petra Bayer, l'a remercié en hébreu.
Au cœur du discours, un objet. Amir Ohana a brandi un exemplaire de *And Every Single One Was Someone*, le livre réalisé par Phil Chernofsky : 1 250 pages où le mot « Juif » est reproduit six millions de fois, une fois par victime de la Shoah. « Chaque mot représente une vie humaine entière. Chaque ligne, une classe remplie d'enfants. Chaque page, une ville », a-t-il expliqué. Puis : « Voilà à quoi ressemble un véritable génocide. » Il a précisé qu'il garde ce livre sur son bureau à la Knesset, pour que le « Plus jamais ça » ne devienne pas une formule vide.



