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Diaspora

« Erreur technique » : à Columbia, une « sauce 7 octobre » au menu, et personne n'ose l'assumer

Selon le Times of Israël, l'université Columbia explique par une « erreur technique » l'apparition d'une « sauce 7 octobre » dans l'une de ses cafétérias. On ne sait pas encore tout de l'affaire. Mais la ligne de défense, elle, dit déjà l'essentiel : trois ans après, cette date ne se prononce plus à la légère, même à New York.

Les faits tiennent en une ligne, et nous n'en avons, pour l'heure, guère plus : d'après le Times of Israël, l'université Columbia, à New York, a dû s'expliquer sur une « sauce 7 octobre » proposée dans l'une de ses cafétérias. Sa réponse tient en deux mots : erreur technique. Nous ne disposons pas, à ce stade, du détail de l'affaire, ni de qui a repéré l'intitulé, ni de la manière dont il est apparu, ni de ce que l'université a fait ensuite. Nous nous en tiendrons donc à ce que l'on sait, et à ce que cela signifie.

Ce que l'on sait, c'est d'abord le poids de cette date. Le 7 octobre 2023, le Hamas a massacré, violé et enlevé des civils dans le sud d'Israël. Pour un Juif de Bnei Brak, de Tel-Aviv, de Sarcelles ou de Brooklyn, ces deux mots ne désignent pas un jour du calendrier : ils désignent une blessure commune, la même pour tous, quelle que soit la synagogue qu'on fréquente ou qu'on ne fréquente pas. Qu'ils se retrouvent sur l'étiquette d'une sauce, dans un réfectoire universitaire, touche chacun d'entre nous exactement au même endroit.

Et c'est là que la ligne de défense de Columbia mérite qu'on la lise de près. Une institution qui plaide l'erreur technique ne plaide ni la liberté d'expression, ni l'humour noir, ni le droit à la provocation. Elle dit : nous n'avons pas voulu cela. Autrement dit, personne, pas même sur un campus dont le nom résonne douloureusement pour beaucoup d'étudiants juifs américains depuis deux ans, ne se risque à assumer publiquement une plaisanterie sur le 7 octobre. Il y a trois ans, certains tentaient de le célébrer. Aujourd'hui, la seule issue est de s'en excuser.

C'est une victoire, et il faut la nommer comme telle. Elle n'est pas tombée du ciel : elle est le fruit de trois ans de refus obstiné de laisser passer, par les étudiants juifs, les familles d'otages, les organisations communautaires, les médias qui, comme le Times of Israël, relèvent ce que d'autres auraient classé au rang des anecdotes. Une date devient intouchable quand un peuple entier décide qu'elle le sera. Nous l'avons décidé.

Reste la question que l'explication de Columbia ouvre sans la refermer. Une erreur technique, dans un système de menus, laisse des traces : quelqu'un a saisi ces mots, quelque part, à un moment donné. Demander comment, sans hostilité mais sans relâche, n'est pas de l'acharnement : c'est la condition pour que l'excuse soit autre chose qu'une formule. Les communautés juives n'ont pas besoin que Columbia soit humiliée ; elles ont besoin que la réponse soit vraie.

Les communautés juives n'ont pas besoin que Columbia soit humiliée ; elles ont besoin que la réponse soit vraie.

Et c'est ici que l'épisode, aussi dérisoire qu'il paraisse, nous ramène à ce que nous sommes. Le peuple juif est un peuple de dates. Il a transformé des catastrophes en jours de jeûne, des délivrances en fêtes, et il porte des siècles de mémoire sur un calendrier que le monde a parfois voulu effacer. Le 7 octobre est en train d'entrer dans ce calendrier-là. Qu'une université américaine doive aujourd'hui s'expliquer pour une étiquette dit une chose simple : cette date nous appartient, elle n'appartient ni à un menu, ni à ceux qui voudraient la vider de son sens. Et c'est nous, ensemble, qui la garderons.

#Columbia#7Octobre#Midbar#Antisemitisme#Diaspora#Memoire

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