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France

« Requis » : cinq ans d'inéligibilité demandés contre Sébastien Delogu, et un mot qui change tout

Le parquet a requis cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate contre le député LFI Sébastien Delogu, rapporte i24NEWS. On n'en sait guère plus pour l'instant. Mais ce qui se joue n'est pas encore un verdict : c'est un test, celui d'un parti qui, chaque fois que la justice s'approche, cherche une main cachée.

·Source : i24NEWS

Les faits tiennent en une ligne, et nous nous en tiendrons à cette ligne. Selon i24NEWS, cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate ont été requis contre Sébastien Delogu, député de La France insoumise. À l'heure où nous écrivons, nous ne connaissons ni le détail des faits reprochés, ni l'argumentaire du parquet, ni la date à laquelle le tribunal rendra sa décision. Nous ne dirons donc pas plus que ce que nous savons. Sébastien Delogu est présumé innocent, et une réquisition n'est pas un jugement.

C'est précisément là que tout se joue. Trois mots méritent d'être lus lentement. « Requis » : c'est le ministère public qui demande, ce sont des juges qui trancheront, et ils peuvent suivre, alléger ou écarter. « Inéligibilité » : l'interdiction de se présenter à une élection, c'est-à-dire la sanction la plus lourde qui soit pour un élu, puisqu'elle le touche dans ce qui le fait exister. « Exécution immédiate » : la peine s'appliquerait sans attendre l'issue d'un éventuel appel. Ce mécanisme a fait débat en France ces derniers mois quand il a visé d'autres élus, et le débat était légitime. Il l'est tout autant aujourd'hui.

Midbar a une position simple, et elle ne varie pas selon le prévenu : la loi est la même pour tous, ou elle n'est rien. Pour les Juifs de France, ce n'est pas un principe de manuel. Une minorité qui pèse environ un pour cent de la population n'a pas d'autre protection durable que l'égalité devant la loi. Le jour où la justice aurait un camp, elle n'aurait plus le nôtre. Nous ne crierons donc au complot ni quand elle frappe nos amis, ni quand elle frappe nos adversaires. Nous regardons les faits, et nous attendons le jugement.

La vraie question n'est pas celle que pose le parquet, c'est celle que va poser la réponse. Hier encore, à propos du procès de Rima Hassan, Jean-Luc Mélenchon qualifiait la justice française de « servile » envers le Premier ministre israélien. Voilà donc un second député insoumis devant un tribunal en quelques jours. Que va dire La France insoumise ? Qu'un parquet fait son travail et qu'on se défendra à l'audience, comme n'importe quel justiciable ? Ou qu'une main étrangère tient encore la plume du procureur ? La première réponse est celle d'un parti républicain. La seconde, nous la connaissons, et nous savons vers qui elle finit toujours par désigner.

Car c'est bien l'angle que la presse généraliste ne verra pas. Une réquisition contre un député, en soi, ne concerne pas les Juifs. Mais la manière dont un mouvement explique ses ennuis judiciaires les concerne au premier chef. Chaque fois qu'un parti transforme une procédure ordinaire en récit d'influence occulte, il entretient le réflexe mental qui, depuis des siècles, finit par retomber sur nous.

Mais la manière dont un mouvement explique ses ennuis judiciaires les concerne au premier chef.

Alors nous attendons, sans joie et sans peur. Si Sébastien Delogu est relaxé, nous le dirons. S'il est condamné, nous le dirons aussi, et nous rappellerons que la peine est venue d'un tribunal, pas d'un lobby. Dans les deux cas, une institution aura fonctionné à visage découvert. C'est exactement cette France-là que ses Juifs aiment et défendent : celle où un procureur requiert, où un juge tranche, et où personne, ni ami ni adversaire, n'est au-dessus de la règle commune. Elle tient encore. C'est une bonne nouvelle, et il faut savoir la lire comme telle.

#Delogu#LFI#Justice#France#Midbar#Mélenchon#Inéligibilité

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