Au lendemain des législatives, le juge Noam Sohlberg a saisi le Shin Bet de « sérieux soupçons » de financements étrangers. Pas de fraude établie, pas de montant confirmé, le Qatar dément. Mais la vraie faille, un rapport officiel l'avait écrite dès juillet : Israël n'a toujours pas de doctrine contre l'ingérence.
Mercredi 28 octobre, au lendemain du scrutin, le juge de la Cour suprême Noam Sohlberg, qui préside la Commission électorale centrale, a écrit au chef du Shin Bet, David Zini. La lettre, rapportée par The Times of Israel, tient en une phrase : « De sérieux soupçons m'ont été signalés concernant une influence indue sur les élections, exercée au moyen de financements fournis par des entités étrangères agissant contre les intérêts d'Israël. » Le juge précise qu'il « ne peut pas attester la réalité de ces soupçons » et demande des conclusions sous une semaine, le temps que la loi laisse aux recours électoraux. Aucun pays n'est nommé.
La presse israélienne, elle, en nomme un : le Qatar. Selon Ynet, les soupçons portent sur des fonds de l'ordre de « dizaines de millions de shekels » versés à des organisations arabes ; une source non politique, reprise par The Times of Israel, juge l'ampleur « bien moindre que ce qu'on en dit ». Doha dément. Son porte-parole Majed al-Ansari parle d'accusations « ridicules et dangereuses » : « On nous accuse d'acheter Netanyahou, d'acheter la gauche, et maintenant d'acheter le vote arabe. À ce compte, le Qatar posséderait tout Israël. »


