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Diaspora

« Une attaque contre tout l'Occident » : quand Washington dit du 7-Octobre ce que les Juifs savaient déjà

Dans un entretien exclusif à Israel Hayom, l'envoyé spécial de l'administration Trump contre l'antisémitisme qualifie le 7-Octobre d'« attaque contre tout l'Occident ». La formule n'est pas une consolation : elle déplace la charge. La sécurité des Juifs cesse d'être une affaire juive.

Les mots sont simples et ils viennent de haut. Dans un entretien exclusif accordé à Israel Hayom, l'envoyé spécial de l'administration Trump chargé de la lutte contre l'antisémitisme affirme que « le 7-Octobre a été une attaque contre tout l'Occident ». Nous n'avons pas eu accès au texte complet de cet entretien, et nous nous en tiendrons donc à cette phrase. Elle suffit, parce qu'elle dit beaucoup.

Depuis le 7 octobre 2023, les Juifs du monde entier répètent à leurs voisins que ce qui s'est passé ce matin-là ne concernait pas seulement Israël. Pendant deux ans, cette conviction a souvent été reçue comme une plainte particulière, celle d'une communauté qui demanderait qu'on s'occupe d'elle. Quand un représentant du gouvernement américain l'énonce comme un constat, le statut de la phrase change. Ce n'est plus un Juif qui réclame de la compassion, c'est une puissance qui décrit une menace dirigée contre elle-même.

Ce que révèle cette formule, c'est une lecture stratégique que les capitales européennes ont longtemps évitée. Si le 7-Octobre vise l'Occident, alors les slogans scandés dans ses rues, les synagogues placées sous garde et les écoles juives protégées ne sont pas les symptômes d'un conflit lointain importé par procuration. Ils sont le front intérieur d'une même hostilité. Washington, ici, ne fait pas un cadeau aux Juifs : il reconnaît une réalité qui l'engage.

Pour qui est-ce une victoire ? D'abord pour les communautés de diaspora, et singulièrement pour les Juifs de France. Le lecteur de Sarcelles ou de Marseille connaît le prix de la vigilance : les bénévoles devant les écoles, les portes blindées, les rentrées sous protection. Tant que l'antisémitisme est considéré comme « un problème des Juifs », cette charge repose sur les épaules des familles et des institutions communautaires. Le jour où il devient une question de sécurité nationale, c'est l'État qui en est propriétaire. Un gouvernement allié qui pose ce principe à voix haute donne un point d'appui à toutes les communautés qui le réclament chez elles.

Reste une précaution, et c'est là que notre lecture diverge du simple applaudissement. « Une attaque contre tout l'Occident » doit se tenir avec sa phrase jumelle : ceux qui ont été assassinés l'ont été comme Juifs, parce que Juifs. Dissoudre les victimes dans une civilisation attaquée serait une manière élégante de les effacer une seconde fois. Le peuple juif n'est pas le symbole de l'Occident, il en est la sentinelle : celui qui reçoit les coups en premier, et qui voit en premier d'où ils viennent. Cette place n'est pas une faveur. Elle oblige ceux qui se tiennent derrière.

doit se tenir avec sa phrase jumelle : ceux qui ont été assassinés l'ont été comme Juifs, parce que Juifs.

C'est ici que le haredi de Bnei Brak, le réserviste de Tel-Aviv, le Juif de Sarcelles et le rabbin libéral de New York se retrouvent sans effort : aucun d'eux n'a été consulté sur sa place dans cette histoire. Tous l'occupent. Et l'ouverture que propose cette phrase venue de Washington est la plus utile qui soit : nous ne demandons pas à l'Occident de nous défendre à notre place. Nous lui demandons de comprendre qu'en nous défendant, c'est lui-même qu'il protège. Un allié vient de le dire. À nous de le faire entendre partout où l'on nous répète encore que c'est « notre » problème.

#7Octobre#Antisémitisme#Israël#Diaspora#Occident#Midbar

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