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Diaspora

« Une corde devant l'ONU » : pendre Netanyahou en effigie, le geste que l'antisionisme croit neuf

Selon le Times of Israël, des manifestants antisionistes ont suspendu une effigie de Benjamin Netanyahou à une corde devant le siège des Nations unies. Peu importe ce que chacun pense du Premier ministre : la pendaison symbolique d'un dirigeant juif est un rituel très ancien, et il n'a jamais visé un seul homme.

Le fait tient en une image. Devant le siège de l'ONU, rapporte le Times of Israël, des manifestants qui se présentent comme antisionistes ont suspendu à une corde une effigie de Benjamin Netanyahou. Pas une pancarte, pas un slogan, pas une pétition : un mannequin pendu, exposé au pied de l'institution qui se veut la maison du droit international.

On nous dira qu'il s'agit d'une protestation politique contre un chef de gouvernement, et que les chefs de gouvernement en ont vu d'autres. Regardons le geste plutôt que l'étiquette. Une pendaison n'est pas une critique. C'est une exécution. Une exécution sans procès, sans juge, sans défense, mise en scène à l'endroit même où l'on prétend défendre la justice contre la loi du plus fort. Ceux qui disent vouloir des tribunaux montrent, avec une corde, qu'ils préfèrent la potence.

Ce geste, le peuple juif le reconnaît, parce qu'il l'a déjà vu. Pendant des siècles, dans plusieurs pays d'Europe, on a pendu ou brûlé chaque année à Pâques un mannequin de Judas, affublé des traits que l'imagerie chrétienne prêtait au Juif. La « pendaison de Judas » n'était pas un débat théologique : c'était une pédagogie de la haine, un rite collectif qui apprenait à la foule qui l'on avait le droit de haïr. Le mannequin changeait de nom selon les époques. La corde, elle, ne changeait pas.

C'est ici que le mot « antisioniste » se fissure. Si le mannequin visait vraiment un homme, la réponse existe déjà : Benjamin Netanyahou est le dirigeant d'une démocratie, ses électeurs comme ses opposants ont un bulletin, une presse libre, des tribunaux. Les Israéliens n'ont besoin de personne pour juger leur Premier ministre. Mais une effigie pendue devant l'ONU ne s'adresse pas aux électeurs israéliens. Elle s'adresse au monde, et lui désigne une cible : l'État juif, incarné dans le visage de celui qui le dirige aujourd'hui, et de celui qui le dirigera demain.

Mais une effigie pendue devant l'ONU ne s'adresse pas aux électeurs israéliens.

Voilà pourquoi ce spectacle nous concerne tous, et pourquoi il ne divise pas. L'électeur du Likoud et son adversaire le plus résolu, le haredi de Bnei Brak et le réserviste laïc, le Juif de Sarcelles et le rabbin libéral de New York regardent la même corde et comprennent la même chose : quand on pend le Premier ministre d'Israël en effigie, ce n'est pas son programme qu'on pend. Personne n'a à aimer un dirigeant pour refuser qu'on en fasse un pendu.

Et c'est aussi ce qui donne de la force. Face à la potence symbolique, notre camp n'a jamais eu besoin d'effigies. Il a bâti un État où les dirigeants se remplacent par le vote, où les désaccords se règlent à la Knesset et devant des juges, où la colère la plus vive prend la forme d'une manifestation et non d'une corde. C'est exactement cette différence que les manifestants de New York ont rendue visible, sans le vouloir, au pied de l'ONU.

Alors retenons l'image, mais pour ce qu'elle est : un aveu. Ceux qui prétendent défendre le droit international en pendant un Juif en effigie viennent de dire quel droit ils veulent. Nous, nous savons lequel nous voulons : celui qui juge les actes, le même pour tous, et qui ne connaît pas de potence.

#Midbar#ONU#Antisionisme#Antisémitisme#Israël#NewYork#Netanyahou

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