Les chiffres tombent et ils sont sans appel : jamais depuis des décennies l'antisémitisme n'avait tué autant hors d'Israël. Derrière les éditoriaux compatissants, une réalité que peu osent nommer : la haine antijuive s'est installée, structurée, et une partie de l'Occident s'y est habituée.
Les organisations qui recensent les actes antisémites dans le monde sont formelles : 2025 restera l'année la plus meurtrière contre la diaspora juive depuis des décennies. Attaques à l'arme blanche, tirs, incendies visant synagogues et institutions communautaires — le décompte macabre s'allonge, de l'Europe aux États-Unis. Ce ne sont plus des incidents isolés mais une série continue, qui touche des Juifs identifiés comme tels dans l'espace public, à la sortie d'un office, devant une école, dans la rue.
Ce que révèlent ces chiffres, c'est l'échec collectif d'un discours qui, depuis le 7 octobre 2023, a préféré parler de « tensions liées au conflit » plutôt que de nommer un antisémitisme redevenu meurtrier en Occident. Pendant deux ans, on nous a expliqué que la colère contre Israël ne visait pas les Juifs. Les cadavres de 2025 disent le contraire. Quand on assassine un Juif parce qu'il est juif, à Washington, à Boulder, à Manchester, la case « contexte géopolitique » ne suffit plus : c'est bien une haine antijuive, autonome, qui a trouvé dans le conflit un prétexte et une légitimation.
Pendant deux ans, on nous a expliqué que la colère contre Israël ne visait pas les Juifs.


