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Israël

« À l'intérieur d'une église » : des tirs mortels en Jordanie, et une cible que les Juifs reconnaissent

Des morts dans des tirs à l'intérieur d'une église du sud de la Jordanie, rapporte The Times of Israel. On ne sait presque rien encore. Mais quand une maison de prière devient une cible, le peuple juif sait, mieux que personne, ce que cela veut dire, et de quel côté se tenir.

Les faits tiennent en une ligne, et c'est pour l'instant tout ce que nous avons : des tirs à l'intérieur d'une église du sud de la Jordanie ont fait des morts, rapporte The Times of Israel. Ni le nombre de victimes, ni l'identité du ou des tireurs, ni le mobile ne nous sont connus à l'heure où nous écrivons. Midbar ne comblera pas ces blancs. Nous attendrons, comme il se doit, les éléments établis.

Mais une information aussi courte dit déjà quelque chose, par le seul lieu qu'elle nomme. Une église. Pas une caserne, pas un carrefour, pas un marché : un lieu où des gens étaient réunis pour prier. Et cela, le lecteur juif le reconnaît immédiatement, parce qu'il le vit. En France, nos synagogues et nos écoles sont gardées. En Israël, le 7 octobre 2023 a visé des maisons, des kibboutzim, une fête. Partout, nous avons appris qu'un lieu où l'on se rassemble en tant que ce que l'on est devient, pour ceux qui haïssent, la cible la plus parlante.

Il y a donc une première réaction, qui ne demande aucune enquête : la solidarité. Les chrétiens d'Orient sont des minorités anciennes, souvent fragiles, dans une région qui n'a cessé de leur demander de se faire petits. Quand des fidèles tombent dans une église, le peuple juif, qui connaît le prix d'être une minorité priante, n'a pas à chercher longtemps où se tenir : à leurs côtés. Kol Israël arevim zé la zé, tous les Juifs sont garants les uns des autres ; cette responsabilité mutuelle est aussi ce qui nous rend capables de la reconnaître chez les autres.

Il y a donc une première réaction, qui ne demande aucune enquête : la solidarité.

Il y a ensuite une lecture qui concerne directement Israël. La Jordanie n'est pas un pays lointain : c'est la plus longue frontière d'Israël, et un voisin lié à lui par un traité de paix depuis 1994. Sa stabilité intérieure est un intérêt israélien de premier ordre, et d'abord un intérêt des Jordaniens eux-mêmes. Toute violence qui frappe une minorité sur son sol est un signal à lire avec attention à Jérusalem, non pour s'alarmer, mais pour mesurer combien la sécurité d'Israël passe aussi par la solidité de ses voisins.

Et c'est là l'angle que la dépêche ne dira pas. Dans un Proche-Orient où les minorités religieuses reculent, il existe un pays où chrétiens, druzes, musulmans et juifs prient librement et où la liberté de culte est protégée par la loi : Israël. Ce n'est pas un slogan, c'est un fait qui se vérifie chaque dimanche à Nazareth, à Haïfa, à Jérusalem. Quand on nous explique qu'Israël serait le problème de la région, l'image d'une église où l'on tire sur des fidèles répond à sa manière : le problème, c'est la haine qui ne supporte pas que l'autre prie.

Nous en saurons davantage dans les heures qui viennent, et nous le dirons alors, avec les faits. En attendant, une seule chose est certaine : ceux qui ont été tués l'ont été dans une église. À tous ceux qui, dans la région et ailleurs, prient sous protection, nous disons ce que nous aimerions qu'on nous dise : vous n'êtes pas seuls.

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