Ce chiffre arrive après deux ans de guerre : Gaza, le Liban, l'Iran. En 2025, le PIB israélien a quand même grandi de 3 % selon la première estimation du Bureau central des statistiques, révisée ensuite à 2,9 %. L'année a été heurtée : un deuxième trimestre en recul de 4,3 % en rythme annuel, pendant les douze jours de guerre avec l'Iran, puis un rebond de 12,4 % en rythme annuel au troisième trimestre.
## Midbar dit tout : le vrai chiffre, 5,1 %
Une part de ces 7,5 % ne se produit pas en Israël. La Banque le dit elle-même : des multinationales enregistrées en Israël vendent à l'étranger des biens fabriqués par des sous-traitants ou des filiales à l'étranger, dont des produits de technologie avancée conçus avec un savoir-faire israélien et fabriqués ailleurs. Conçu en Israël, fabriqué ailleurs. Cette production compte dans le PIB, mais elle n'emploie ni le capital ni le travail du pays.
Hors production à l'étranger, la Banque d'Israël prévoit 3,4 % de croissance en 2026 et 5,1 % en 2027. Le gouverneur Amir Yaron a prévenu : la croissance rapide de cette composante « peut donner une image déformée du rythme réel de l'activité domestique ». Le FMI, une semaine plus tôt, tablait de son côté sur 4,5 % en 2026 et 4,4 % en 2027. Moins que la Banque d'Israël, toujours six fois la France.
## Plein emploi, et le prix de la guerre
Le reste de la prévision dit un pays au travail. Le chômage large des 25-64 ans, à 4,6 % en moyenne cette année, devrait tomber à 3 % en 2027. L'inflation, à 1,5 % en 2026, reviendrait à 2,1 % en 2027, au milieu de la cible.
Mais la guerre se paie. Le déficit public est attendu à 4,4 % du PIB cette année et 4,6 % l'an prochain, et la dette a grimpé. Fin 2027, le PIB resterait sous sa tendance d'avant-guerre, parce que l'offre de travail n'a pas retrouvé son niveau. Il manque des bras : la participation des haredim et des Arabes israéliens au marché du travail reste faible.
Il manque des bras : la participation des haredim et des Arabes israéliens au marché du travail reste faible.
Le gouverneur a parlé avant les urnes. Au prochain gouvernement, il demande trois choses : faire baisser durablement le ratio dette/PIB, financer les besoins de sécurité, et investir dans les moteurs de croissance, le capital humain et les infrastructures. Il propose de couper les dépenses qui nuisent à la croissance, de rendre la dépense publique plus efficace, d'élargir la base fiscale en mettant plus de gens au travail, et d'enseigner les mathématiques et les sciences à tous les groupes de la population.
L'économie tient. Le reste est politique. On annonçait l'effondrement, les boycotts, les dégradations de note. Israël annonce 7,5 %.
*Sources : [Times of Israel, la décision du 21 octobre et les mots du gouverneur](https://www.timesofisrael.com/central-bank-holds-rates-days-before-election-warns-next-government-on-fiscal-choices/) ; [JNS, la prévision hors production à l'étranger](https://www.jns.org/news/israel-news/bank-of-israel-forecasts-domestic-growth-of-3-4-5-1-in-2027) ; [Banque d'Israël, communiqué du 21 octobre 2026](https://boi.org.il/en/communication-and-publications/press-releases/21-10-26-aen/) ; [Jewish Chronicle, le FMI sur Israël](https://www.thejc.com/news/israel/israeli-growth-to-soar-to-45-per-cent-this-year-imf-predicts-a45rktvw) ; [Economie Matin, le FMI sur la France](https://www.economiematin.fr/?p=233875) ; [Globes, la croissance 2025](https://en.globes.co.il/en/article-1001535141) ; [Globes, le troisième trimestre 2025](https://en.globes.co.il/en/article-1001526506).*