Le mot « génocide » avait été forgé pour protéger les victimes ; à Gaza, il sert de bouclier au bourreau. La manœuvre porte un nom, en français, et un acte de naissance : Butare, 1992. La comprendre change la façon de riposter.
Il existe un document qui éclaire la guerre des mots autour de Gaza mieux que bien des rapports. En 1992, dans la préfecture de Butare, au sud du Rwanda, quelqu'un rédige un mémorandum sur la conduite d'une campagne de propagande. Polycopié, non signé, largement recopié d'un manuel français de publicité. Les enquêteurs en retrouveront une copie des années plus tard, une fois les massacres achevés. Au milieu du texte, une technique que l'auteur baptise « accusation en miroir » : accusez votre ennemi de ce que vous vous préparez à faire vous-même. « De cette manière, écrit-il, le parti qui utilise la terreur accusera l'ennemi d'utiliser la terreur. »
C'est cette grille de lecture que propose une analyse publiée par JNS, et elle décrit ce que nous vivons depuis le 7 octobre. La technique n'est pas morte au Rwanda. La Russie l'a employée en 2022 en accusant l'Ukraine de « génocide » dans le Donbass, sans la moindre preuve crédible, pour habiller son invasion. Le Hamas l'emploie à l'échelle planétaire depuis qu'il a commis, lui, un massacre de masse : accuser Israël du « crime des crimes » et regarder l'indignation mondiale changer de cible.



