La justice allemande estime que comparer Israël au régime nazi relève du débat protégé. Sous les habits du libéralisme juridique, c'est le tabou fondateur de l'Allemagne d'après-guerre qui se fissure — et les Juifs d'Europe qui perdent leur dernier rempart symbolique.
Selon i24NEWS, une décision de justice allemande considère que comparer Israël au régime nazi entre dans le champ de la liberté d'expression. Autrement dit : assimiler l'État né des cendres d'Auschwitz aux bourreaux d'Auschwitz ne serait plus une attaque diffamatoire, mais une opinion politique légitime, discutable comme une autre.
Rappelons ce que dit la définition de travail de l'antisémitisme de l'IHRA, adoptée par l'Allemagne elle-même : établir des comparaisons entre la politique israélienne contemporaine et celle des nazis figure explicitement parmi les exemples d'antisémitisme. Le pays qui a fait de la *Staatsräson* — la sécurité d'Israël comme raison d'État — un pilier de son identité post-1945 laisse donc ses tribunaux vider de sens l'un des critères qu'il a lui-même endossé. Le paradoxe est vertigineux.


