Pendant que les chancelleries européennes rivalisent de communiqués hostiles, Israël reconstruit méthodiquement un continent entier. L'Amérique latine n'est pas une consolation : c'est le laboratoire d'une diplomatie israélienne post-européenne.
Selon RFI, Israël connaît un véritable « état de grâce » en Amérique latine. Le basculement est spectaculaire : après des années dominées par l'axe Caracas–La Havane–Managua et les ruptures diplomatiques successives, plusieurs capitales du continent renouent, réchauffent, et parfois s'alignent ouvertement sur Jérusalem. L'Argentine de Javier Milei en est l'expression la plus visible, mais elle n'est pas isolée : le Paraguay, l'Équateur, le Salvador, le Guatemala composent désormais un bloc de sympathie assumée, là où l'Espagne, l'Irlande ou la Norvège ont choisi la posture de la réprimande permanente.
Ce que révèle ce mouvement dépasse la simple arithmétique des votes à l'ONU. Il démontre que l'isolement d'Israël, tant annoncé depuis le 7 octobre, est un phénomène **régional et non mondial**. L'hostilité s'est concentrée dans un espace précis — l'Europe occidentale et une partie de ses élites universitaires et médiatiques — qui a longtemps confondu sa propre voix avec celle de « la communauté internationale ». Or le monde a changé de géométrie. Un pays peut aujourd'hui être condamné à Bruxelles et courtisé à Buenos Aires, à Asunción, à San Salvador. Pour nous, c'est une victoire stratégique : elle prive le boycott diplomatique de son effet de contagion.
Pour nous, c'est une victoire stratégique : elle prive le boycott diplomatique de son effet de contagion.


