Midbar
← Retour
Diaspora

Exécutés pour «espionnage au profit d'Israël» : le régime iranien tue, la diaspora tremble

Téhéran vient d'exécuter deux hommes accusés d'avoir «espionné pour Israël». Derrière ce fait divers macabre se cache une stratégie de terreur qui vise autant les Iraniens que la diaspora juive mondiale.

·Source : RFI

Deux hommes ont été exécutés en Iran après avoir été accusés d'espionnage au profit d'Israël, selon la justice du régime relayée par RFI et L'Orient-Le Jour. Comme souvent dans ces affaires, les procès sont expéditifs, les preuves opaques, et les « aveux » obtenus dans des conditions que plusieurs organisations de défense des droits humains qualifient depuis des années de torture systématique.

Ce n'est pas un cas isolé. Depuis des décennies, la République islamique brandit l'accusation d'« espionnage pour Israël » comme un outil de terreur intérieure. Elle permet d'éliminer des opposants, de faire taire des minorités — dont les quelques milliers de Juifs qui vivent encore en Iran, sous surveillance constante — et de nourrir en interne le récit d'un pays assiégé par un ennemi omniprésent.

Depuis des décennies, la République islamique brandit l'accusation d'« espionnage pour Israël »

Ce que révèle vraiment cet épisode, c'est la nature du régime que le monde s'obstine à traiter comme un interlocuteur diplomatique rationnel. Un État qui exécute des citoyens sur la base d'accusations non vérifiables n'est pas un État de droit fragilisé : c'est une théocratie qui a besoin de l'ennemi juif comme carburant idéologique. Israël n'est pas seulement une cible militaire pour Téhéran, il est un ressort intérieur de légitimation du pouvoir. Chaque exécution de ce genre sert à rappeler à la population qui est censé être le diable, pour mieux faire oublier l'effondrement économique et la répression interne.

L'angle que la presse généraliste ne creuse jamais : ces exécutions ne sont pas de simples « faits divers géopolitiques », elles sont un signal envoyé à toute la diaspora iranienne et à la communauté juive mondiale. En martelant que « travailler pour Israël » équivaut à un crime capital, Téhéran normalise une logique où le simple fait d'être juif, ou d'avoir des liens avec Israël, devient suspect par nature. C'est exactement le mécanisme qui alimente, bien au-delà des frontières iraniennes, la vague d'antisémitisme qui associe systématiquement « juif » à « espion » ou « agent sioniste » — un vieux poison désormais recyclé par une théocratie qui l'exporte via ses relais.

Pour Midbar, la leçon est claire : ces exécutions ne sont pas seulement une tragédie iranienne, elles sont un avertissement. Un régime qui a besoin de fabriquer des espions juifs pour se maintenir au pouvoir ne changera pas de discours tant qu'il n'aura pas changé de nature. Soutenir Israël, c'est aussi refuser de laisser ce narratif s'installer comme une évidence banale.

#Iran#Israel#Antisemitisme#Midbar#GeoPolitique#DroitsHumains

À lire aussi

Exécutés pour «espionnage au profit d'Israël» : le régime iranien tue, la diaspora tremble — Midbar