Helsinki durcit son discours sur Gaza, certains y parlent même de « génocide ». Et pourtant, la Finlande vient de prolonger jusqu'en 2034 sa coopération sécuritaire avec Jérusalem et d'acheter le système antimissile israélien. La vérité d'un État n'est pas dans ses communiqués : elle est dans ses contrats.
L'information vient de la télévision publique finlandaise Yle, et elle vaut tous les sondages d'opinion : Helsinki et Jérusalem ont prolongé jusqu'en 2034 leur cadre de coopération en matière de sécurité, tout en avançant sur l'acquisition du système de défense aérienne Fronde de David (David's Sling) pour environ 317 millions d'euros. L'accord couvre la recherche, le développement, l'acquisition de systèmes et un mécanisme permanent de coordination entre les deux pays.
Au même moment, le discours public finlandais à l'égard d'Israël n'a jamais été aussi dur. Depuis le début de la guerre à Gaza, responsables politiques et voix de la société civile multiplient les condamnations, certains allant jusqu'à employer le mot « génocide ». Le ministère finlandais de la Défense a même été accusé, selon Yle, de manquer de transparence sur l'étendue de sa coopération avec Israël — comme si le lien avec Jérusalem était devenu quelque chose qu'on pratique mais qu'on n'avoue plus.



