Les primaires de Floride ont livré un verdict que peu de médias osent nommer : l'hostilité aux Juifs n'est plus l'apanage d'une extrême-gauche militante, elle s'infiltre aussi à droite. Mais cette fois, les urnes ont tranché — et ce qu'elles révèlent devrait servir de manuel à toutes les communautés juives de la diaspora.
Les primaires de Floride de ce mois d'août resteront comme un test grandeur nature. D'un côté, le républicain Randy Fine, soutien affirmé d'Israël, a battu Dan Bilzerian, candidat qui avait déclaré vouloir « tuer des Israéliens ». De l'autre, le démocrate Jared Moskowitz a écrasé Oliver Larkin, challenger antisioniste soutenu par les Democratic Socialists of America, dans un district du sud de la Floride à forte population juive. Debbie Wasserman Schultz et Lois Frankel, deux élues juives pro-israéliennes visées par un redécoupage électoral républicain défavorable, ont elles aussi survécu.
Ce que cette soirée révèle, c'est un basculement que la presse généraliste préfère ignorer : l'antisémitisme électoral avance désormais sur deux jambes. La gauche radicale, on la connaissait — le label DSA et la rhétorique « antisioniste » qui sert de vernis respectable. Mais la nouveauté inquiétante, c'est la droite. Bilzerian ne se cachait même pas derrière la critique d'Israël : il visait les Israéliens comme personnes. Qu'un tel candidat ait pu concourir sous l'étiquette républicaine, dans l'État de Ron DeSantis, dit quelque chose de la digue qui se fissure aussi de ce côté-là.
La gauche radicale, on la connaissait — le label DSA et la rhétorique « antisioniste »



