En annonçant que les Juifs américains « s'exposent » à des représailles pour leur soutien à Israël, le streamer star de la gauche progressiste vient de dire tout haut la logique qui sous-tend l'antisémitisme « antisioniste ». Et pour la première fois, même ses alliés politiques reculent.
Le 20 août, sur sa chaîne Twitch, Hasan Piker a lâché la phrase que beaucoup pensaient tout bas dans certains milieux militants : « Si les Juifs en Amérique continuent de propager l'idée qu'ils sont singulièrement investis dans Israël, quelqu'un finira par passer à l'action. » Et de préciser, pour qu'aucune ambiguïté ne subsiste : « Pas contre l'État d'Israël, notez bien, mais contre les Juifs américains. » Le tout en qualifiant Israël de « Jewish ISIS » et en affichant à l'écran la photo de Jeremy Moss, élu juif pro-israélien du Michigan.
Ce qui rend l'épisode remarquable, ce n'est pas Piker lui-même — ses provocations sont son fonds de commerce. C'est la réaction en chaîne qu'il a déclenchée au sein de son propre camp. Abdul El-Sayed, candidat démocrate au Sénat du Michigan et critique virulent d'Israël dont Piker était le principal soutien de campagne, a pris ses distances publiquement, dénonçant « toute rhétorique qui met la communauté en danger ». Le chef des démocrates à la Chambre, Hakeem Jeffries, a parlé du « cancer de l'antisémitisme ». La représentante Hillary Scholten a qualifié les propos de « répugnants » et « dangereux pour tout le monde » — et aurait rompu, selon Semafor, les discussions en cours pour soutenir El-Sayed.
Le chef des démocrates à la Chambre, Hakeem Jeffries, a parlé du « cancer de l'antisémitisme ».



